08 novembre 2011

Une lente agonie

Ça y est, on y est presque !


Monsieur B. va bientôt partir.

Bientôt, mais comme le disait une collègue, "Tant que je n'ai pas vu sa démission acceptée par le Président de la République et qu'un nouveau président du conseil est nommé, je n'y croirai pas". Effectivement, bien imprudent serait celui qui osera donner une date de fin au gouvernement Berlusconi IV.

Je vous fais un petit topo comme correspondant permanent en Italie :

Le gouvernement italien a été mis en minorité aujourd'hui à la chambre des députés sur un vote technique. Silvio comptait sur 316 députés, seuls 308 ont voté. Il y a donc huit traîtres. L'un d'entre eux, aux toilettes, a pris la parole après le vote pour s'excuser de ne pas avoir pu voter. Mais les sept autres ? On peut imaginer qu'ils vont soit se faire passer un savon, soit se faire offrir un poste ministériel ou une enveloppe (soit les deux). Mais apparemment, cela ne marchera pas cette fois.

Pas de problème de trahison, en revanche, pour le député Stracquadanio. Ce matin, des journalistes l'ont surpris à la sortie du Palais Grazioli par une porte dérobée. C'est une des résidences privées que Berlusconi utilise pour ses rendez-vous et, dit-on, ses bunga-bunga. En soi, il n'est pas anormal que le Président du Conseil reçoive chez lui quelques membres de sa majorité. Mais à le voir se défiler comme ça et zigzaguer entre les journalistes (lui-même a été éditorialiste dans Libero et Il Tempo), on se dit qu'il nous cache des choses.



Par ailleurs, Silvio a eu un entretien avec Giorgio Napolitano aujourd'hui. Le premier a promis au second que son objectif était l'approbation de la loi de stabilité souhaitée par la commission européenne, et qu'une fois celle-ci votée, il remettra sa démission au chef de l'État. Mouais. Faut voir. D'ici-là, beaucoup de choses peuvent se passer. Son staff lui trouvera des arguments. A commencer par le plus éclatant : depuis quand les marchés décident qui peut ou non rester à la tête d'un gouvernement ?

Et le peuple dans tout ça ? La plupart subissent sans réagir, sans doute endoloris par la télévision. Les autres sont devenus aphones à force de hurler à la dérive autoritaire. Tous ressentent une grande honte pour leur pays, et complexent de l'absence de "Révolution" dans leur (courte) histoire commune.

Depuis des mois, les italiens se demandent jusqu'où ils vont tomber. Qu'ils se rassurent, ils sont presque arrivés, mais tout est dans le presque.

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