16 janvier 2011

A Night in Tunisia

Dites donc, ça fait bien longtemps que je ne fais plus d'éditoriaux sur l'actualité. Rarement j'ai été aussi fier d'être français. Monsieur Sarkozy, s'il vous plaît, on peut recommencer le débat sur l'identité nationale ?

Non parce que là, ça vaut le coup : être français, ce n'est pas seulement avoir des réflexes post-coloniaux (comme Juppé qui le mois dernier conseillait aux français de Côte d'Ivoire de rentrer en "métropole"), c'est aussi trahir, trahir, toujours trahir.

En y repensant, je me demande comment l'argumentaire de la France a pu tenir aussi longtemps ? "Ben Ali était fréquentable parce qu'il a interdit les partis islamistes." Oui, mais il a aussi interdit tous les autres. "Avec lui, les droits de la femme ont progressé." Oui mais les droits de l'Homme ont reculé. Cela en valait vraiment la peine ?


Soutenir un régime dictatorial, passe encore. Tout le monde peut le faire. Cela ne rentre pas dans l'identité nationale. Non, la French touch, c'est de lâcher le dictateur au dernier moment ! Ça c'est classe ! Aussi minces soient les arguments gouvernementaux pour justifier un tel soutien, j'aurais apprécié que mon gouvernement les défendît jusqu'au bout (l'imparfait du subjonctif, c'est cadeau pour notre président).

Mais non, en France, on n'est pas comme ça. Dès que le vent tourne, on retourne sa veste et on laisse tomber les copains. Ben Ali pensait s'exiler sur le territoire français ? Mais pour qui il nous a pris, nous, le pays des droits de l'Homme ? Nous qui sommes entrés en Résistance dès 1946 ? C'est mal nous connaître, voyons.

Enfin, bravo aux tunisiens quand même. Ce sont bien les seuls à sortir grandis par ces événements.

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