23 novembre 2010

Le maire de Florence m'écrit

A côté de chez moi, il y a une école maternelle.

Cette école donne sur une rue en pente raide, sans trottoir, sans visibilité, sans signalisation, et avec des voitures qui foncent. On peut difficilement faire pire. Un jour où l'autre, si rien n'est fait, il y aura un accident.

Ni une, ni deux, je me décidais à écrire au maire de Florence, Matteo Renzi, pour lui faire part de cette incongruité, et l'inviter à installer un dos d'âne. N'étant pas directement impliqué, j'ai un peu trainé. Mais début novembre, j'ai quand même envoyé ce mail.

Pour vous situer Renzi, c'est un maire de centre gauche (plus centre que gauche), jeune (35 ans), élu en 2009, et dont la carrière politique prend un virage national : il est depuis peu un prétendant sérieux à la tête du PD, principal parti d'opposition au PDL de Berlusconi. Trop tenté, j'ai évoqué cette récente ascension dans ma missive :

"Au moment où votre carrière politique prend une dimension nationale, le fait d'écouter la voix de vos administrés, même sur des choses aussi futiles que l'installation d'un dos d'âne, démontrerait votre engagement dans la bonne gestion du mandat pour lequel vous avez été élu." 

Du pur verbiage administratif comme je sais le faire...

Depuis le 9 novembre, pas de nouvelles, même pas de mail automatique, genre "Nous avons bien reçu votre courriel, nous le traiterons dans les plus brefs délais." Rien. Jusqu'à aujourd'hui. Dans sa réponse, personnalisée et "signée" par ses prénom et nom, le maire m'invite à prendre contact avec un membre de son équipe pour un rendez-vous sur place afin de lui présenter la situation. Et il finit par ses mots délicieux :
"La carrière politique nationale sert à peu de choses si tu ne gardes pas un œil vigilant sur ta ville"

Ah mon Renzi ! Toi tu sais y faire... (Si vous lisez la phrase avec l'accent italien c'est encore plus drôle.)

Je n'en reviens pas : une doléance citoyenne dérisoire, portée par un seul homme (moi), a été entendue et sera même traitée ! Solliciter un élu en Italie, ça marche ! Je vous tiendrai au courant de cette passionnante histoire de voirie florentine dès que j'aurai connaissance de ses derniers développements.

En attendant, je vais demander une rétro-commission au constructeur du dos d'âne.

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