26 novembre 2010

Connaissez-vous Bokassa ?

Moi non, jusqu'à hier. J'ai écouté le 2000 ans d'Histoire sur ce sinistre personnage. Engagé auprès de la France libre pendant la 2e Guerre Mondiale, seul lieutenant centrafricain de l'armée française, il arrive naturellement à la tête de l'armée de son pays quatre ans après l'indépendance en 1960. En 1966, il renversera son cousin lors d'un coup d'État. Mégalo, il se fera couronner empereur à vie en 1977.

Mais le plus drôle, c'est qu'il considérait De Gaulle pour son père. Voici ce qu'ils se sont dit lors de leur première rencontre :

Bokassa : Bonjour père
De Gaulle : Bonjour Monsieur le Président. Vous avez fait bon voyage ?
B : Oui papa.
DG : Écoutez, j'apprécie les sentiments que vous portez à mon égard, mais je vous prie de ne pas m'appeler papa. Appelez-moi "Monsieur le Président", comme tout le monde ou bien, comme vous êtes un ancien de la France Libre, "mon Général".
B : Oui père.

J'aurais aimé qu'il y ait une caméra pour filmer la scène.

Un jour il faut que je vous fasse un billet sur cette émission.

23 novembre 2010

Le maire de Florence m'écrit

A côté de chez moi, il y a une école maternelle.

Cette école donne sur une rue en pente raide, sans trottoir, sans visibilité, sans signalisation, et avec des voitures qui foncent. On peut difficilement faire pire. Un jour où l'autre, si rien n'est fait, il y aura un accident.

Ni une, ni deux, je me décidais à écrire au maire de Florence, Matteo Renzi, pour lui faire part de cette incongruité, et l'inviter à installer un dos d'âne. N'étant pas directement impliqué, j'ai un peu trainé. Mais début novembre, j'ai quand même envoyé ce mail.

Pour vous situer Renzi, c'est un maire de centre gauche (plus centre que gauche), jeune (35 ans), élu en 2009, et dont la carrière politique prend un virage national : il est depuis peu un prétendant sérieux à la tête du PD, principal parti d'opposition au PDL de Berlusconi. Trop tenté, j'ai évoqué cette récente ascension dans ma missive :

"Au moment où votre carrière politique prend une dimension nationale, le fait d'écouter la voix de vos administrés, même sur des choses aussi futiles que l'installation d'un dos d'âne, démontrerait votre engagement dans la bonne gestion du mandat pour lequel vous avez été élu." 

Du pur verbiage administratif comme je sais le faire...

Depuis le 9 novembre, pas de nouvelles, même pas de mail automatique, genre "Nous avons bien reçu votre courriel, nous le traiterons dans les plus brefs délais." Rien. Jusqu'à aujourd'hui. Dans sa réponse, personnalisée et "signée" par ses prénom et nom, le maire m'invite à prendre contact avec un membre de son équipe pour un rendez-vous sur place afin de lui présenter la situation. Et il finit par ses mots délicieux :
"La carrière politique nationale sert à peu de choses si tu ne gardes pas un œil vigilant sur ta ville"

Ah mon Renzi ! Toi tu sais y faire... (Si vous lisez la phrase avec l'accent italien c'est encore plus drôle.)

Je n'en reviens pas : une doléance citoyenne dérisoire, portée par un seul homme (moi), a été entendue et sera même traitée ! Solliciter un élu en Italie, ça marche ! Je vous tiendrai au courant de cette passionnante histoire de voirie florentine dès que j'aurai connaissance de ses derniers développements.

En attendant, je vais demander une rétro-commission au constructeur du dos d'âne.

16 novembre 2010

Encore un coming out

Ça devait arriver, à force de fréquenter des filles. Elles sont toujours là, à manger des légumes et faire attention à sa santé. Filles, que vous êtes prévisibles.

Ça s'est passé la semaine dernière, quand je raccompagnais deux collègues du boulot.
"J'ai entendu parler de ce club de gym. On pourrait y faire un tour ?"
Arrivé sur place, que pouvais-je faire ? Attendre dans la voiture à fumer des cigarettes ? Non bien sûr. Même si j'y ai pensé. Je leur ai fait compagnie. Avant même d'entrer, on entend des cris venant de la piscine. Des genres de "un deux trois quatre !" hurlés au micro. Ça commençait bien. A l'intérieur, accueil chaleureux, souriant... commercial. Un type nous pose quelques questions. Dialogue de sourds :
"Quand avez-vous arrêté de faire du sport ?"
Comment dire... Je n'ai jamais pour ainsi dire vraiment commencé. Je fais un peu de vélib quand je rentre à Paris, je monte trois étages à pied chaque jour. Un peu de ski l'hiver. Non, pas de football après le boulot. Ni rugby, ni volley. Je suis pas très "sport co". Tennis et escrime non plus. J'ai essayé, pas pour moi. Pas de judo en primaire, non. A peine un peu de piscine. En fait, je déteste toute forme de sport depuis l'âge de six ans. Et à dire vrai, je ne sais même pas pourquoi je suis là.


Toujours est-il que, mû par un effet de groupe, comptant sur une émulation qui entretiendra notre motivation, soucieux de ma santé (salaud de cholestérol) et de mon physique (salauds de cover boys de Têtu), vu que je n'ai pas prévu d'arrêter de fumer, et que faire du sport faisait partie de mes bonnes résolutions de 2010, et même de 2009, je me suis inscrit à une palestra, mot infiniment plus poétique que le club de gym.

Finalement, il vient peut-être de là mon blocage sur le sport. Il suffisait d'appeler les clubs de gym Palestra et l'EPS Ginnastica. Je ne sais combien de temps je vais tenir, mais on se donne rendez-vous dans trois mois ici même, soit pour vous montrer des photos de moi bodybuildé, soit pour une explication vaseuse sur le thème "Nan, j'ai pas abandonné, mais c'était nul en fait."

12 novembre 2010

Berlusconi, c'est jamais Fini.


Les heures du gouvernement Berlusconi sont comptées. Oui, pour ceux qui suivent, ça fait longtemps qu'on dit ça, mais là c'est pour de vrai. Du solide. Les quatre ministres finiens du gouvernement ont annoncé qu'ils démissionneraient lundi prochain.

A-t-on jamais vu un ministre manquer à sa parole ? En France, peut-être... Mais ici, c'est impossible, la classe politique est trop intègre. Ne dit-on pas "incorruptible comme un ministre italien" ? Ah ben non, on le dit pas.


La suite ? Silvio va à son tour présenter sa démission à Napolitano, qui va lui dire "t'es sûr que t'as pas de majorité ? Ok, je dissous, et on organise des élections anticipées." Et ce sera parti pour trois mois de campagnes, de tractations, de coalitions et de trahisons, avec le centre-gauche, le centre-droit, et le centre-centre.


Oui parce que je sais pas si vous savez, mais ici, la gauche et la droite, ça n'existe pas. On parle de centre-gauche et de centre-droit. Ça sonne tellement mieux ! On ne compte plus les fois où le gouvernement et Silvio lui-même ont fait preuve de modération et de retenue. Passons.

Cette période de campagne électorale va être du pain béni pour les journalistes politiques, les correspondants permanents, et - je l'avoue - pour moi-même. Ceux qui ne supportent pas mes éditos à deux balles vont être dégoûtés à jamais de ce blog.


Cette crise est-elle pour autant le chant du cygne de Monsieur B. ? Là je dis : rien n'est moins sûr. C'est mal connaître le personnage. Car non seulement, Silvio Berlusconi, 74 ans, peut se représenter en tête de liste, mais en plus il est capable d'être réélu à cette fonction ! A noter, Mamma Berlusconi est décédée il y a deux ans à l'âge de 97 ans. Il pourrait y en avoir pour plus longtemps que prévu.


Au fait, les plus gays d'entre vous se demanderont "Mais qui est ce beau gosse en ouverture de ce billet sur Berlusconi ?" C'est son fils.

05 novembre 2010

Pour ceux qui n'aiment pas décorer le sapin de Noël



C'est vrai, quoi. On va pas se faire suer à mettre les guirlandes et les bouboules chaque année avec les risques de chute que cela comporte. En vente chez nous pour 99,99 € + frais de port.

02 novembre 2010

Venise 2010 + Berlu : "Mieux vaut être un pervers lubrique qui fait la sortie des écoles plutôt qu'être une tarlouze"

(oui bon, il l'a pas dit comme ça, mais je résume)

Comment vous raconter Venise sans être dans le stéréotype ? Sélection de photos pas cliché de la Sérénissime :

Un nouveau pont enjambe le Grand Canal ! Dénommé Pont de la Constitution, il relie la gare au Piazzale Roma, et a été (évidemment) l'objet de nombreuses critiques. Il est carrément prévu qu'on le double d'un télécabine !


Une vue du Grand Canal


La lagune et au fond, le palais des festivals et les filles du Lido


L'Hôpital, reconnaissable à sa forme d'hôpital, très conventionnelle.


Venise et sa fameuse tour penchée


Une vue (prise en cachette) de l'entrée de la Fondation Pinault au Palazzo Grassi. Comme l'entrée coûtait 20 €, on s'est dit que c'était du foutage de gueule et on a boycotté.


Une image de Venise que ne verront jamais les aoûtiens


La "passerelle-qui-ne-sert-à-rien", projet intéressant vu à la Biennale d'Architecture. La salle était volontairement enfumée pour donner l'impression d'arriver jusqu'aux nuages. On y monte et y descend, comme ça. Rien d'autre que la performance.


La technique d'accostage des Vaporetti

C'est tellement beau que ça mérite aussi une vidéo.

Je ne pouvais pas vous laisser sans un commentaire sur la dernière saillie de notre plus très fringant Cavaliere.

Ça sent de plus en plus la fin de règne comme l'explique si bien Nichi Vendola, président de la région des Pouilles, et gay déclaré (ci-dessous, en italien).

Mais à part cela, rien de nouveau. Le Président du Conseil n'en finit plus de piétiner la dignité que devrait inspirer sa fonction. Il est détesté par une partie de l'opinion, adorée par une autre, et toléré par la majorité qui le voit encore comme un rempart contre la menace communiste, sinon comme martyr de la justice et des médias. Se poser en victime a été une des clés de son succès. A chaque argument il en répond par un autre, renforçant chaque fois un peu plus son image de persécuté.

Cette recette est d'autant plus terrifiante qu'elle est bien plus reproductible et exportable que l'on croit. Il faut de l'argent bien sûr, quelques amis fidèles et cyniques, et une position dominante dans certains médias. Mais attention, il serait illusoire de croire qu'il en faut beaucoup. Quelques télés suffisent, c'est là que ça se joue. La presse on s'en fout, l'opinion ne se fait pas dans les quotidiens.

Dernier conseil : il est préférable d'être propriétaire du média, mais on peut en laisser la direction à ses parents ou amis. Sinon, on fait cambrioler les appartements des journalistes qui gênent, mais bon : dans pareil cas, on ne serait plus en démocratie.