20 juin 2010

Excitation médiatique dominicale

Alors que l'Italie a suivi un match décevant contre les néo-zélandais, la participation française au Mondial d'Afrique du sud prend une sale tournure : insultes consternantes d'Anelka, excuses pathétiques de Frank Ribery, altercation d'Evra...


J'imagine tous les éditorialistes et chroniqueurs du lundi matin en train de gratter leur papier et passer des coups de fil à gogo... "Vite, il me faut une opinion !" De préférence la plus simple, voire la plus simpliste.

En attendant cette nouvelle tempête dans un verre d'eau qui commence, c'est une fois de plus sous le prisme de la critique des médias que cette affaire risque d'être intéressante.

Car tout part du scoop d'un journal, et pas n'importe lequel : L'Équipe. L'Équipe qui relate une insulte d'Anelka envers Domenech à faire passer un "casse-toi pauvre con" pour une amabilité. Problème : comme n'importe quel article d'un journal français relatant ce genre de conversation, on n'est sûr ni du contenu (combien de sources ?), ni du contexte (était-ce des mots marmonnés sur le banc comme le dit Domenech ? Ou un réel affrontement ?)


S'il y aura des voix dès ce soir pour dénoncer un caprice collectif de millionnaires individuels, je retiendrai que le communiqué de presse des joueurs dénonce une exclusion basée "uniquement sur les faits relatés par la presse", ce qui, si c'est vrai, est un motif légitime de protestation.

De l'aveu même de L'Equipe il existe un lien entre sa une d'hier, et l'exclusion d'Anelka. "L'attaquant de Chelsea serait sans doute encore avec eux ce matin. Car son exclusion n'aurait vraisemblablement jamais été prononcée si ses paroles n'avaient pas barré la une de ce quotidien." Non seulement une sanction peut être prise sur la seule base d'un article de presse, mais en plus ces derniers en sont conscients !

Peut-être ai-je tort, mais le fait de voir ce microcosme s'agiter une fois de plus sur l'étendue de leur pouvoir, de voir les journalistes comme les initiateurs de processus dont on peut prévoir mécaniquement les conséquences m'agace de plus en plus. D'autant que dans d'autres cas (cf. l'éventuelle démission d'Hortefeux, de mon amie Marie-Luce Penchard, ou tout dernièrement d'Éric Woerth), ce n'est pas aussi mécanique !

Et le pire dans tout ça, c'est que c'est même pas fini ! Même si personne n'y croit plus, la France n'est pas mathématiquement éliminée. Et alors, le devoir d'une équipe, c'est pas de faire son possible jusqu'au bout ? Pas très "France de Sarkozy", tout ça, non ?

[Fin de l'éditorial]

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