14 mai 2010

La légende de la Vraie Croix et le village englouti

Le week-end dernier, Cédric et Éléonore sont venus me voir. Pour la quatrième fois, battant ainsi le record de Jeanne. Comme ils commencent à connaître la Toscane, et Enrico et moi aussi, il a fallu exclure de notre programme les trop classiques San Giminiano, Sienne ou Pise. (On avait d'emblée écarté l'idée d'aller visiter le musée des Offices. C'est tellement surfait ! Tout ces Botticelli, c'en est presque vulgaire.)

Nous avons donc visité Arezzo samedi. Point fort de la visite : la Basilique San Francesco et ses fresques de Piero della Francesca sur la Légende de la Vraie Croix. Ça ressemble à un titre de roman de Dan Brown, mais en fait c'est une vaste escroquerie du christianisme qui tend à faire croire que le bois de la croix qui a servi à crucifier le Christ n'est autre que celui de l'arbre ayant poussé sur la tombe d'Adam (le reste de la légende est à lire ici). Vu que Marie était vierge, pourquoi ne pas croire ça non plus ? Quand on a la foi...

Pardonnez ma mécréance. Et puis, je comprends que Piero della Francesca ait illustré cette légende. Ça lui a permis de peindre autre chose qu'une énième version de l'Annonciation faite à Marie ou de la Nativité.

Admirez la précision géométrique de la tente de Constantin le Grand roupillant. Pas mal pour une œuvre exécutée entre 1452 et 1466.


Le songe de Constantin le Grand, Piero della Francesca (avant restauration)

Dimanche, autre ambiance : nous nous sommes rendus dans la lointaine Garfagnana, région du nord-ouest de la Toscane où l'on cultive l'épeautre, où l'on traverse un pont médiéval dit "du Diable"...



...et où l'on engloutit des villages ! Cette dernière assertion mérite quelques détails. J'avais appris il y a quelques temps qu'un barrage construit dans les années cinquante avait condamné un village toscan, mais que ce dernier était visible à chaque manutention décennale, ou parfois après une période de sécheresse. J'avais même entendu dire que le clocher était visible toute l'année. Sur le papier, c'était tentant...

Mais une fois arrivé, il a fallu se rendre à l'évidence : après une semaine de pluies diluviennes, et un lac pas du tout en phase de manutention, nous n'avons vu ni maisons abandonnées, ni clocher.

On a vu un barrage minable et une étendue d'eau verdâtre.



Quand on pense qu'en dessous il y a un village...  Dingue, non ?

Mais on s'en fout, puisqu'on a bien rigolé sur la prétendue consanguinité des habitants du village voisin, qui nous a semblé suffisamment petit et isolé pour émettre ce genre d'hypothèses.

On dit que le prochain vidage de lac est prévu pour 2011. Avis aux amateurs.

1 commentaire:

  1. Elsa00:52

    Tu m'as obligée à faire une petite recherche : 13 villages engloutis en France.
    Une petite chapelle vouée à la destuction a été sauvée des eaux du lac de Serre-Ponçon et trône sur un îlot.
    http://chapelles.provence.free.fr/prunieresstmichel.html

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