26 mai 2010

Benjamin et les médecines parallèles

Mon chéri a des amies qui sont très branchées Feng shui, shiatsu, reiki, et autres idéogrammes chinois à la con.

J'ai toujours suivi ce genre de thérapies de très (très) loin. Mon éducation cartésienne et ma famille de médecins avaient déjà le plus grand mépris envers des médecines "non conventionnelles" occidentales, comme l'homéopathie et la chiropratique. Alors évidemment, considérer qu'on peut soigner des pathologies par l'imposition des mains ou des doigts... Cela relève de l'impossible. Je préfère la zététique.

Toujours est-il qu'une amie d'une amie de mon ami passe son diplôme de réflexologie, théorie dont la grande encyclopédie collaborative Wikipédia (qui suffit amplement dans le cadre de cet exposé) nous apprend qu'elle "repose sur le postulat infondé scientifiquement selon lequel chaque organe, glande, partie du corps ou fonction physiologique correspondrait à une zone ou un point sur les mains, les pieds ou les oreilles."



La copine en question a pris l'option pieds. Et comme elle est apprentie, elle a besoin de se faire la main sur mes pieds, ha ha, blague.

La bonne nouvelle, c'est que c'est gratuit. La mauvaise, c'est que j'ai dix séances d'une heure a passer en sa compagnie. Mais bon, il y a moyen de se marrer, et pas qu'à cause des chatouilles. Quand je lui fais part d'une douleur entre le tendon et le talon, je ne me lasse pas de la voir dire d'un air pénétré "tu as des problèmes de digestion ?"... Bref, je me fais masser les pieds gratuitement, c'est déjà ça.

En bonus :

20 mai 2010

Moi en Elvis

Aujourd'hui dans notre rubrique shopping, nous vous proposons ces extraordinaires lunettes avec rouflaquettes intégrées.

Cet article est vendu dans son emballage en matière plastique au prix dérisoire de 7,90 €.


Exemple d'utilisation :

Effet dit "comique" assuré dans vos soirées déguisées.

14 mai 2010

La légende de la Vraie Croix et le village englouti

Le week-end dernier, Cédric et Éléonore sont venus me voir. Pour la quatrième fois, battant ainsi le record de Jeanne. Comme ils commencent à connaître la Toscane, et Enrico et moi aussi, il a fallu exclure de notre programme les trop classiques San Giminiano, Sienne ou Pise. (On avait d'emblée écarté l'idée d'aller visiter le musée des Offices. C'est tellement surfait ! Tout ces Botticelli, c'en est presque vulgaire.)

Nous avons donc visité Arezzo samedi. Point fort de la visite : la Basilique San Francesco et ses fresques de Piero della Francesca sur la Légende de la Vraie Croix. Ça ressemble à un titre de roman de Dan Brown, mais en fait c'est une vaste escroquerie du christianisme qui tend à faire croire que le bois de la croix qui a servi à crucifier le Christ n'est autre que celui de l'arbre ayant poussé sur la tombe d'Adam (le reste de la légende est à lire ici). Vu que Marie était vierge, pourquoi ne pas croire ça non plus ? Quand on a la foi...

Pardonnez ma mécréance. Et puis, je comprends que Piero della Francesca ait illustré cette légende. Ça lui a permis de peindre autre chose qu'une énième version de l'Annonciation faite à Marie ou de la Nativité.

Admirez la précision géométrique de la tente de Constantin le Grand roupillant. Pas mal pour une œuvre exécutée entre 1452 et 1466.


Le songe de Constantin le Grand, Piero della Francesca (avant restauration)

Dimanche, autre ambiance : nous nous sommes rendus dans la lointaine Garfagnana, région du nord-ouest de la Toscane où l'on cultive l'épeautre, où l'on traverse un pont médiéval dit "du Diable"...



...et où l'on engloutit des villages ! Cette dernière assertion mérite quelques détails. J'avais appris il y a quelques temps qu'un barrage construit dans les années cinquante avait condamné un village toscan, mais que ce dernier était visible à chaque manutention décennale, ou parfois après une période de sécheresse. J'avais même entendu dire que le clocher était visible toute l'année. Sur le papier, c'était tentant...

Mais une fois arrivé, il a fallu se rendre à l'évidence : après une semaine de pluies diluviennes, et un lac pas du tout en phase de manutention, nous n'avons vu ni maisons abandonnées, ni clocher.

On a vu un barrage minable et une étendue d'eau verdâtre.



Quand on pense qu'en dessous il y a un village...  Dingue, non ?

Mais on s'en fout, puisqu'on a bien rigolé sur la prétendue consanguinité des habitants du village voisin, qui nous a semblé suffisamment petit et isolé pour émettre ce genre d'hypothèses.

On dit que le prochain vidage de lac est prévu pour 2011. Avis aux amateurs.

05 mai 2010

Et de quatre

Pour tout vous raconter, il me faudrait une journée de rédaction. Et plus je prends du retard, plus j'ai des trucs à vous raconter depuis la dernière fois. Et la dernière fois, ça commence à faire...

Déjà, jeudi soir, en partant de la gare de Florence, ça a été speed. Enfin, le départ, seulement. Pour ce qui est du trajet, c'est toujours douze heures en train. Donc, plutot slow. Qu'importe, Enrico a bien dormi, quoi qu'il en dise.

Dire qu'exactement quatre ans auparavant, je faisais le chemin inverse pour m'installer en Toscane... C'est fou.

Très bonne idée de voyager le jour de son anniversaire. Je vous le conseille. S'en sont suivis trois jours pleins comme des œufs : rendez-vous chez le banquier, achat de bretelles, visite aux Archives Nationales, acquisition d'un casque de moto, état des lieux, visite du studio, dîner au Relais de Venise en famille... Tout ça, rien que le vendredi.

Comme c'est pas intéressant à raconter, je vais aller droit au but : samedi après-midi, j'ai trouvé quelqu'un pour le studio (un couple italo-allemand, les forces de l'Axe sont de retour dans Paris), et le soir on a fêté l'anniversaire de celui qu'on appellera JGH pour des raisons évidentes de confidentialité.

Diantre ! Ça faisait longtemps que je n'avais pas organisé (co-organisé serait plus juste) une soirée à Paris. J'avais oublié les relous de fin de soirée. "Vous me reconnaissez ? Mais si, c'est moi qui augmente le volume en loucedé (enfin, croit-il) alors que le mec qui invite vient de le baisser à cause des voisins qui tapent contre le mur ! C'est moi, superc*nnard !"

Je plaisante. C'est de bonne guerre. Il me semble même l'avoir déjà fait chez les autres. Ce qu'il y a de vraiment étonnant, c'est le mail que j'ai reçu de mon voisin en début de semaine. Je l'avais prévenu dans l'après-midi de samedi, et lui avais proposé de passer, invitation qu'il avait accepté. Depuis, plus de nouvelles. Jusqu'à son mail lundi dernier. Je m'attendais à un tissu d'insultes.

Ben non, jugez plutôt :

"Comme prévu samedi soir vers 23h, j'ai sonné 2 fois à votre porte mais sans succès : musique bien sûr, on n'entendait pas [...] ce sera pour une autre fois, merci encore pour votre invit [...] n'hésitez à me contacter si vous avez un souci [...] Bonne semaine avec plein de courage" ... Je n'invente rien !

Donc, j'ai un voisin hyper sympa (et peut-être un peu amoureux de moi).

Puisque j'en suis à vous parler de mes mails, je vous rappelle qu'ayant un nom et un prénom d'une banalité affligeante, je reçois assez souvent du courrier qui ne m'est pas adressé, je vous en avais déjà parlé ici. Depuis deux-trois jours, ça s'emballe. J'ai d'abord reçu le compte-rendu de conseil de classe :

"Allemand : petit groupe sympathique mais pas facile à gerer car pas le même niveau en CI et AM"
"Droit : Abs + attitude puérile de la part de certains qui nuisent à l'excellence de qq élèves"

Puis un mail de Mme Bidault :

Je t'informe que tu es admis à passer en 2ème année, malgré un certain relâchement au 2nd semestre (attitude dilettante, travail non rendu et absences). Nous attendons mieux l'année prochaine.

Et enfin, un de Mme Laflèche :

A du potentiel mais l'a gaché. Absences. Travail irrégulier, sauf avec Baleige. Il faut se reprendre.

Ça pourrait être moi, en effet. Ils ont à peu près vu juste. J'aimerais bien répondre par un mail d'insultes, mais comme je ne serai pas là quand l'élève sera convoqué pour faute grave, je sais pas si ça vaut le coup.

Dimanche, je préfère garder pour moi la joie que j'ai eue de revoir mes deux nièces, dont la dernière commence à dire ses premiers mots. Un peu de jardin secret, bordel !



Enrico est resté à Paris pour bosser sa thèse aux A.N. Il rentre demain. Aujourd'hui, nous fêtons nos quatre ans. Quatre ans... Je n'en reviens pas moi-même.

Un grand pardon à ceux que je n'ai pas pu voir pendant ce retour express. C'est toujours comme ça, et j'ai renoncé à garder ma vie de Paris tout en ayant créé celle de Florence. Venez me rendre visite, ma porte et les réservations sont ouvertes.