06 avril 2010

Le voglio bene

Quelle journée pourrie. Les lendemains de fête devraient être fériés, vraiment. Il m'est arrivé que des bricoles. Je suis arrivé en retard au boulot. J'ai oublié ma sacoche. J'ai même dû écrire des mails à des fournisseurs. Si j'étais Bénabar, j'aurais eu de quoi faire tout un album.

L'important, c'est que le déjeuner de dimanche se soit bien passé. Lino et Leda ont été très chaleureux, on a très bien mangé, et surtout personne n'a fait d'allusion à mon statut - étais-je un compagnon ? ou un ami ? Ne pas aborder le coming-out d'Enrico était de toute façon l'hypothèse la plus probable.


Je n'avais pas prévu de faire ding ding avec le couteau sur le verre. Ça ne marche que dans les films danois. Pas de roulage de pelle ostentatoire non plus devant le restaurant. Je me suis contenté, tout au long du déjeuner, de guetter une amorce de conversation qui-aurait-pu-faire-que-mais-non : l'occasion ne m'a pas été donnée de parler de Ricky Martin. Tu reprends un peu de poisson ?

Arrivent les cafés. Les digestifs. "Finalement, rien n'a changé" doit se dire Leda. C'est Benjamin, le même que celui du déjeuner du 15 août, il y a deux ans, où je n'étais encore qu'un ami de son fils.

Et puis on rentre. Dehors il pleut, on ne s'attarde pas, on se salue.
Je ne voulais pas endosser jusqu'au bout le rôle du gentil camarade d'Enrico. Il m'importait de ne pas lui laisser l'impression que ça lui passera, ou que c'est sa vie privée, ou bien que ce n'est pas vrai, ou tout autre prétexte que les parents trouvent pour éviter le dialogue et nier. Je voulais montrer à Leda que ce n'est pas en fermant les yeux (même très fort) qu'on fait disparaître les problèmes. (Pour Lino je m'aventure pas)

Je n'ai trouvé qu'un banal "le voglio bene", que je lui ai chuchoté en l'embrassant. Une discrète marque d'affection, le signe d'ouverture et de paix d'un gendre attendri. Y-a-t-elle vu également ma volonté de ne pas feindre indéfiniment ?

5 commentaires:

  1. Cher Ben
    Quel post! Très bien écrit, très tendre et en même temps un côté nostalgique que je n'explique pas...
    C'est un post aussi vraiment personel comme tu en écris peu en ce moment.
    Ça me rapelle a quel point tu me manques.
    Bisous

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  2. Julia10:28

    Tout pareil! c'est simple, sensible et beau.
    je t'embrasse fort. Julia

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  3. Alt13911:35

    J'ai les larmes aux yeux...

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  4. Une greluche de plus16:23

    Snif c'est trop beau.

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  5. Merci les filles pour vos commentaires !
    Cédric, on t'a reconnu...

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