23 février 2010

Mon enquête personnelle sur l'Affaire Penchard

C'est décidé, Marie-Luce Penchard va devenir la tête de turc de ce blog pendant quelques temps.

La polémique semble s'effacer dans les médias, aussi incroyable que cela puisse paraître.

Petit rappel en images :



La première question quand on est journaliste, c'est de se demander d'où viennent ces 500 millions d'euros dont elle parle. La première constatation est : rien dans la presse. Je n'ai trouvé que la version du ministère dans un article de l'Humanité :

Selon le ministère de l’Outre-mer, cité par l’AFP, la somme de 500 millions évoquée par la ministre correspond à « des projets identifiés pour d’autres territoires que la Guadeloupe »

On n'a donc que la version du ministère. Je n'ai pas trouvé de contre-enquête. Et le ministère ne précise même pas la provenance des fonds, juste la destination. Première conclusion : les médias français sont NULS.

J'ai eu plus de chance avec la presse des DOM, enfin surtout celle de la Réunion, département trois fois plus peuplée que la Guadeloupe, et aussi celui qui a le plus mal pris les déclarations de la future ex-ministre de l'Outre-mer. Dans la version en ligne du Journal de l'Ile de la Réunion, on trouve la réaction de Jean-Paul Virapoullé, sénateur de l'île, qui prend la défense de Penchard en affirmant que la somme viendrait d'un fonds de l'Union Européenne :

Marie-Luce Penchard est la meilleure ministre de l’Outre-mer que j’ai rencontrée. Si j’étais Guadeloupéen, si j’étais dans l'opposition au conseil régional conduit par Victorin Lurel (actuel président PS de la région NDLR), j’aurais dit exactement la même chose. Sur une période de cinq ans, la Guadeloupe a droit à 500 millions d’euros de fonds européens et ce que veut dire Mme Penchard, c’est que les élus régionaux de Guadeloupe ne sont pas capables de transformer tous ces financements en projets. Or, il existe une règle européenne dite du «dégagement d’office» qui oblige à remettre les crédits dans le pot commun s’ils n’ont pas été utilisés dans les deux ans. Or ici, à la Réunion, nous savons utiliser ces crédits et nous grignotons même une partie de ceux initialement destinés aux autres régions d’outre-mer. Madame Penchard a voulu dire qu’il y a un manque de dynamisme du conseil régional de Victorin Lurel.

Si c'est vrai, cela relativise l'ampleur de la gaffe. Le problème, c'est que ce n'est pas sa ligne de défense ! Elle n'en a pas parlé dans ces déclarations. Sur le site du ministère, son communiqué ne confirme ni n'infirme l'hypothèse d'une subvention européenne :

Marie-Luce Penchard a regretté que l’actuel conseil régional de Guadeloupe n’ait pas initié plus de projets structurants pour les Guadeloupéens financés par les crédits nationaux et européens qui sont attribués à ce territoire. Dans le cadre de sa campagne, elle affirme sa volonté de susciter un développement du territoire en mobilisant les crédits publics mis à la disposition de la Guadeloupe.


Ça change peu de choses. On ne peut pas être ministre et dire que l'on ne veut servir "que la population guadeloupéenne". Je vous laisse juges de la déclaration exacte :


En conclusion, plutôt que de vous proposer la chronique décevante de Jean-Michel Aphatie, je préfère ces commentaires de David Abiker et de Robert Namias. Ils ne sont pas tendres :

2 commentaires:

  1. Anonyme20:00

    Bonjour Benjamin,

    Je suis Guadeloupéen et je confirme que l'argent destiné à la Guadeloupe peut repartir vers les autres DOM s'il n'est pas utilisé.
    Donc la polémique était un peu exagéré, Mme Penchard aurait du se mettre en mode anti polémique.

    Rakoun
    /°\

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  2. Anonyme15:15

    http://y-a-s.over-blog.fr/article-pas-un-centime-pour-marie-luce-45397257.html

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