02 octobre 2009

Berlusconi prix Nobel de la paix en 2010 ?

Vous ne rêvez pas, c'est bien ce que propose un obscur avocat de 36 ans sur un site internet.

Est-ce la nouvelle info sur Berlusconi qui va faire sensation les jours qui viennent ? Ça devrait buzzer, ce genre d'histoire. Ça fait du clic. Ça peut même faire un sujet sur le JT de M6. Nous serons fixés les jours qui viennent. Si c'est le cas, j'aurais bien de la peine pour les médias traditionnels, parce que franchement, c'est de la propagande de bas-étage.

Si vous jetez un coup d'œil sur silvioperilnobel.it, vous vous rendrez vite compte qu'il s'agit d'une initiative toute modeste. La liste des soutiens contient 16 noms (tous italiens) sur la version anglophone, 34 dans la version italienne, sous doute plus récemment mise à jour. La photo est issue d'une banque d'images, et c'est l'hymne italien vous accueille. On dirait le nouveau site de Ségolène Royal. Le site est disponible en italien, en anglais et en russe. La revue de presse est presque vide, il n'y a aucun dossier à télécharger.

Mais alors comment as-tu pu avoir eu connaissance de ce site, Benjamin ? me direz-vous.
Par ça :

Une chanson à la gloire du Leader ! On ne voit ça qu'en Corée du Nord, ou dans la Russie de Poutine. (ok, en France aussi, mais c'est pas pareil.)

Un extrait de cette chanson est passé sur blob, une sorte de zapping italien. Une chanteuse ringarde en manque de recyclage, une musique "originale", et hop : on obtient une vidéo de propagande. Puisque Silvio a les tuyaux, il ne va pas se gêner pour diffuser ce qu'il veut dedans. Ce n'est pas la première d'ailleurs, il y avait déjà eu meno male che Silvio c'è ("Heureusement qu'il y a Silvio"), hymne de la campagne du PDL pour les régionales et municipales de 2008.

Alors quoi, ça craint vraiment autant que ça, l'Italie ? Est-ce encore une démocratie ? Malgré mon intérêt pour la chose politique, je n'ai hélas jamais trouvé le temps de faire un petit récapitulatif sur la question. (Et puis, je me connais, je commencerais par un truc, puis un autre, et de digressions en parabases, je me mettrais à vous parler de toute autre chose.)

En fait, c'est surtout parce que je n'ai pas trouvé toutes les réponses aux questions que je me pose. Comment les italiens réussissent à supporter l'humiliation quotidienne que leur font subir leurs représentants ? Qui a voté pour lui si tout le monde en dit du mal ? Comment réussit-il à maintenir une armée de sbires (parlementaires, avocats, directeurs de rédaction) à ses ordres ?

Le pire, c'est que ma position de résident, que je croyais privilégiée pour observer et comprendre comment on a pu en arriver là, ne m'a pas plus aidé que ça. Aussi, quand j'apprends que Berlusconi a récidivé en parlant d'un Obama bronzé, je n'ai pas plus d'éléments d'explication que vous, sinon que plus c'est gros, plus ça passe. Si le Cavaliere dit qu'Obama est bronzé une fois, c'est une gaffe. S'il le dit deux fois, ça devient une blague. Et si un comité se monte pour le proposer au Nobel de la paix, c'est l'idéal.

Pour en savoir plus, vous pouvez toujours visionner ce reportage (en anglais).


Oui je sais, ça fait beaucoup de vidéos, mais c'est une bonne chronique de Stéphane Guillon donc je suis excusé.


Vous avez été très nombreux (plus de deux dizaines !) à participer à mon sondage tout pourri. Merci, je file chez Enrico un rasoir à la main.

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