11 septembre 2008

L'Église rend visite à sa fille aînée

Mise à jour 17 septembre :

(le discours a duré 14 minutes)

Aaah ! Enfin le Pape va en France...
Vous allez subir quelques jours ce que les italiens vivent depuis des années.

Pour l'occasion, le Figaro s'est déchaîné : Le rendez-vous de Benoît XVI avec la France, Le Pape semble très serein, Le clergé a changé d'avis sur l'ex-cardinal Ratzinger, etc.



De son côté, le Monde, dans cet article rappelle le principal but de la visite du PanzerKardinal en France : le "principe de laïcité" ne doit pas empêcher "l'Église de prendre une part toujours plus active à la vie de la société". Brrr. Ça fait peur.



Cette visite est l'occasion idéale pour vous faire un petit résumé des relations entre le Vatican et l'Italie.

En 1870, le tout jeune royaume d'Italie (constitué en 1861) envoie un général italien envahir les États pontificaux, et Rome devient la capitale de l'Italie. Le pape Pie IX est contraint de se réfugier au Vatican et se considère comme prisonnier. Un an plus tard, le législateur propose une loi sur les "Garanties sur les prérogatives du Souverain Pontife et du Saint-Siège et sur les relations de l'État avec l'Église."

Cette loi accorde au pape un certain nombres d'avantages : l'inviolabilité de sa personne, son immunité, sa protection pénale contre les injures publiques, la liberté de correspondance ou encore de célébration du culte (ce qui est la moindre des choses). Elle lui reconnaît également le droit d'envoyer et de recevoir des ambassadeurs reconnus comme tels, et lui octroie une rente de 3,225 millions de lires. Enfin, elle lui donne la jouissance des palais du Vatican, du Latran et de Castel Gandolfo.



Cependant, la loi ne reconnaît aucune souveraineté au pape sur les territoires qu'il occupe. En outre, sa forme montre bien qu'il s'agit là pour l'Italie d'affaires intérieures : c'est une loi, et donc un acte unilatéral, non un traité. Par ailleurs, le Vatican ne bénéficie d'aucune extraterritorialité au regard de la loi italienne : les tribunaux nationaux sont déclarés compétents pour les délits qui y sont commis, y compris dans la basilique Saint-Pierre, à qui la jurisprudence récuse tout droit d'asile.

Le bienheureux Pipi 9 aura la bonne idée de refuser le deal, provoquant un désaccord qui durera 60 ans. Sa patience aura payé car en 1929, sous le pontificat de Pie XI , seront signés les fameux accords du Latran. La signature du Cardinal Gasparri jouxtera celle du premier ministre italien de l'époque, un certain Mussolini.

Ces accords constituent encore de nos jours la base des relations entre le Saint-Siège et l'Italie.
Le Pape accepte l'État de la Cité du Vatican, dont l'État italien reconnaît la pleine propriété et l'autorité souveraine au Saint-Siège. D'autre part, le pape est reconnu comme le chef temporel du Vatican, avec tous les pouvoirs, législatif, exécutif et judiciaire.



Parmi ses accords, le concordat fait du catholicisme la religion officielle de l'État italien. Les mariages catholiques et les jugements de l'Église en matière matrimoniale prennent effet civil. L'enseignement religieux catholique devient obligatoire à tous les niveaux scolaires. Encore aujourd'hui, des crucifix sont présents dans toutes les salles de classe.

Après la seconde guerre mondiale, l'article 7 de la nouvelle constitution italienne affirmera la séparation de l'Église et de l'État, mais les actes d'état civil religieux, comme le mariage, continuent d'avoir un effet civil en Italie.

Voilà pourquoi aujourd'hui, en Italie, il y a un reportage par jour sur le Pape. Voilà pourquoi l'Italie est un des trois derniers pays de l'UE à ne pas avoir de PACS ou équivalent (même la Pologne y réfléchit !). Voilà pourquoi en Italie, on met en moyenne cinq ans à divorcer. Etc.



J'aurais aimé illustrer un peu ces copier-coller de Wikipédia, et conclure en vous faisant promettre de défendre la laïcité française coûte que coûte, mais je dois me rendre à un mariage...

Mise à jour 15 septembre : quelques recherches sur "google images" et hop ! Un billet illustré... Bientôt les photos du mariage, dès que j'arriverai à les télécharger sur mon ordinateur.

2 commentaires:

  1. Anonyme01:10

    tes billets nous remplissent. affectueusement!

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  2. Camille13:50

    Je me sens plus intelligente en lisant "comment va Benjamin" !

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