30 août 2008

Jadis encore

Jadis encore, j'avais vingt printemps,
Je câlinais la période et m'égayais l'existence,
Comme on joue de l'affection, et je respirais mes obscurités
En l'absence de calculer sur mes journées qui partaient dans l'instant,

J'ai fait tant de desseins qui sont restés en l'air
J'ai conçu tant d'attentes qui se sont évaporées,
Que je demeure oublié ne pouvant où circuler
Les mirettes étudiant le dôme mais l'ardeur mis en sol

Jadis encore j'avais vingt printemps,
Je gâchais la période en pensant la figer,
Et pour la conserver même la prévenir,
Je n'ai fait que trotter, et me suis essouflé

Négligeant le passé, accordant au futur,
Je devançais de moi toute conversation
Et transmettais mon avis que je souhaitais le bon
Pour estimer le monde avec désinvolture

Hier encore, j'avais vingt ans
Mais j'ai égaré mon temps à créer des folies
Qui ne me quittent au fond rien d'indubitablement net,
Que quelques rides au front et l'inquiétude de la mélancolie

Car mes inclinaisons sont mortes avant que de subsister,
Mes compagnons sont partis et ne rentreront pas
Par mon péché j'ai fait le vide autour de moi,
Et j'ai gaspillé ma vie et mes juvéniles piges.

Du préférable et du dégoûtant, en catapultant le préférable,
J'ai figé mes plaisanteries et j'ai gelé mes larmes
Où sont-ils à présent, à présent mes vingt printemps ?

3 commentaires:

  1. Cédric Darval de Bayen20:00

    Très joli !
    Azna devrait la lire !

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  2. Merci... L' "idée" m'était venue sur word il y a quelques années : un clic droit sur le mot, une recherche de synonymes et hop ! Je l'ai retrouvé sur mon DD il y a pas longtemps.

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  3. tu devrais le fouiller plus souvent alors !

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