02 novembre 2007

Ces jours feriés qui ne servent à rien

Un mini-cafard hier, pour la Toussaint.

Hier, c'était une de ces journées où l'on n'a rien de vraiment prévu, juste quelques projets dépourvus d'ambition, un truc du genre "Allez, je me fixe pour objectif de monter l'armoire, j'aurai au moins fait un truc dans la journée".

Et puis ça vient pas, la satisfaction que vous pensiez trouver dans la réalisation dérisoire de ces petits buts ne se présente pas, et vous vous dites "Putain, il est 17h et j'ai rien foutu. A part monter l'armoire. Super."



Cet état d'esprit se traduit chez moi par un certain abattement, un décourageant "de toute façon, la journée est foutue." Je suis généralement, dans ces cas-là, insupportable, et de mauvaise compagnie.

C'est dans cette dynamique chronologique de la journée qu'Enrico et moi sommes allés au cinéma. Ceux qui me connaissent savent que je ne suis pas un cinéphile aguerri. Je n'allais pas très souvent au cinéma à Paris, et ma fréquentation ne s'est pas accrue en m'installant à Florence.

La séance d'hier m'a toutefois permis de me familiariser avec ce qu'on entend par "cinéma" dans tant d'autres lieux qu'à Paris. Parce que j'étais déjà allé à l'UGC Ciné Cité Les Halles ou au Gaumont Aquaboulevard, je croyais - bêtement ! - savoir ce qu'était un multiplexe. Grave erreur. En allant au Vis-Pathé de Florence, j'ai compris ce que c'était que consommer du cinéma quand on n'habite pas une grande métropole.


Première évidence : le parking, façon Ikea. (d'ailleurs, c'est à côté de l'Ikea, dans la zone industrielle de Campi-Bisenzio) Puis le bâtiment. Aux couleurs de Pathé, criard mais festif, avec le logo en forme de mobile. A gauche, un snack-bar bondé, et une voiture en présentation. A droite l'accès aux salles et une salle de jeu, bondée également. Au milieu, huit caisses, dont deux ouvertes. Au dessus, l'énorme mobile PATHÉ, qui tourne mécaniquement au dessus des files d'attente. Du monde partout, des enfants qui courent (il n'est que 18h30), et quelques décorations d'halloween, et le tour est joué.

Je vous épargne la programmation, parce que je sais que ça n'a vraiment aucun intérêt d'énumérer les 16 salles. Mais j'en ai envie, pourtant ! Et je ne résiste pas à vous livrer le pitch de l'un d'eux : "Sarah, jeune américaine étudiant l'art à Rome, ouvre malencontreusement une urne maléfique, d'où s'échappe la pire sorcière de tous les temps." (La terza madre, Dario Argento, Italie, 2007)

Bref. Notre choix se porte sur un film canado-italo-japonais, Soie. Le pitch ? "Au tout début des années 1860, une maladie ravage les élevages européens de vers à soie. Même les oeufs de provenance aussi lointaine que l'Inde et l'Afrique sont infectés, et le commerce entier de la soie en Europe semble condamné.Hervé Joncour, un jeune officier marié à une femme dévouée, Hélène, est chargé par les éleveurs de Lavilledieu d'une périlleuse mission : il doit se rendre en secret au Japon, l'île fermée aux étrangers, qui produit la plus belle soie du monde pour y acheter des oeufs sains..."

Comme le film débutait plus d'une heure après l'achat des billets, on a eu le temps de faire la queue pour aller manger une tranche de pizza dégueu, faire la queue pour aller pisser, faire la queue pour s'acheter des pop-corns, et enfin faire la queue pour accéder à la salle (tout ceci est parfaitement exact et non-exagéré, on a même fait la queue en caisse pour sortir du parking)

Vous imaginez bien qu'après ces épreuves, il n'était plus du tout question d'aller voir le film canado-italo-japonais, les oeufs de ver à soie, etc. Je me suis revu Ratatouille qu'Enrico n'avait pas vu, et on a bien riogolé.

Florence est une ville d'art, mais pas de cinéma !


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