20 octobre 2007

Armééénie

Voici donc la liste "tant attendue" :
Vanessa Paradis
Renaud Séchan
Philip Lavil
Hervé Vilard
Julien Clerc
Linda De Suza
Nana Mouskouri
Patrick Sabatier
Lio et Alain Souchon
Gilbert Montagné
Jean-Luc Lahaye
Yves Duteil
Marcel Amont
Gilbert Bécaud
Charles Aznavour
Serge Lama
Mireille Mathieu
Herbert Léonard
Images
Michel Sardou
Dorothée et Jairo
Alain Souchon et Véronique Jeannot
Patricia Kaas, Phil Barney et Gérard Blanc
Adamo, David et Jonathan, Jairo et... ?
Francis Lalanne
Eddy Mitchell et Johnny Hallyday
Nicoletta, qui hurle,
et enfin, Charles Aznavour.

Merci de votre attention.

16 octobre 2007

Benjamin au pays des Shupiaks 2



Par souci d'exhaustivité, et parce que je tiens mes promesses, je vous raconte le lendemain du mariage. Mais en plus court, parce que passer la semaine à rédiger ce qu'on a fait le week-end, c'est pas possible. Il y a des gens qui arrivent à écrire d'un jet, mais c'est loin d'être mon cas : blogger est une activité qui me prend un temps fou ! Et pourtant, comme vous l'avez remarqué par la fréquence des posts, je ne suis pas stakhanoviste...

Au fait, un shupiak, c'est un terme inventé par cet ami, et utilisé quasi-exclusivement par lui et moi. D'après moi (qu'il me corrige si je me trompe) il désigne un habitant des pays de l'est. Le shupiak est le plus souvent de sexe masculin, généralement pas de la première jeunesse, il a une chapka, sent un peu la vodka et rit de bon coeur (même si parfois il a des dents pourries).

Bref, après avoir quitté mes amis polonais, qui n'étaient pas des shupiaks, je suis remonté dans ma chambre d'hôtel à 5h15 pour une nuit de deux heures environ. Comme Andrea me connaît bien et que c'est la personne la plus attentionnée que je connaisse, c'est lui qui s'est réveillé pour... me réveiller ! Un thé dégueulasse, et hop : je monte dans le taxi... où je me rendors aussitôt. Une heure passe, et comme j'avais prévu large, je patiente une autre heure dans la gare de Kostrzyn. Tout en ne lâchant pas des yeux ma valise, sur les conseils même de la mariée.




Les faits notables se raréfient au fil de la journée. Le contrôle des passeports, effectué sur le quai par cinq agents de trois corps de police différents, m'a semblé un peu inutile. (La convention de Shengen sera appliquée le premier janvier prochain.) Après le train, très court passage à Berlin, l'équivalent d'un Gare de l'Est - Roissy. Mais rien que ça, c'était excitant. Un peu frustrant, mais excitant. Déjà l'avion. Puis Pise, avec Enrico.

La journée ensoleillée nous a incité à aller lézarder sur la plage en début d'après-midi. On s'est même baigné, mais c'était vraiment pas par plaisir, sinon celui de pouvoir l'écrire ici-même et vous faire bisquer. Dernier fait notable, sur le chemin du retour nous fîmes un détour à l'Ikea de Florence. Se réveiller en Pologne, passer par l'Allemagne pour se baigner en Toscane puis acheter une étagère Lack et des Daims, je l'avais encore jamais fait. C'est mes collègues du bureau qui ont été contents lundi matin. J'ai eu plein de trucs à leur raconter.




Sans transition, j'aimerais vous proposer un défi : en cliquant ici, vous aurez accès au clip de "Pour toi, Arménie", la chanson d'Aznavour de 1989 avec plein de gens connus. Et bien justement, les reconnaitrez-vous tous ? Avec un ami, on a fait la liste, il ne nous en manque qu'un ! Je vous communiquerai notre liste lors du prochain post, dans moins de six mois.

08 octobre 2007

Benjamin au pays des Shupiaks



Et de trois. Je rentre de mon troisième mariage cette année. Le premier avait déjà fait l'objet d'un post, et pour cause : Camille et Stan qui se marient, je ne l'avais jamais imaginé, même dans mes pires cauchemars. Le deuxième, italien, n'a été évoqué que brièvement dans ce blog, car il s'agissait d'amis d'Enrico que lui-même connaît peu. Le troisième s'est déroulé samedi dernier... en Pologne. Je suis allé à Kostrzyn pour le mariage de Luca et Milena.


Pour savoir de qui il s'agit, il faut remonter à 2002, durant mon Erasmus à Trieste. J'habitais alors Via Ginnastica, avec Andrea et Luca. Si j'ai toujours gardé contact avec le premier, j'avais un peu perdu de vue le second. A peine une entrevue à Turin en 2005. Des voeux de bonne année. Peut-être une carte postale.


Via Ginnastica, Trieste.


Pas rancunier, Luca nous a invité à son mariage, Andrea et moi. Vendredi dernier, donc, je prends mon avion pour... Berlin. Ben oui parce qu'en fait, Kostrzyn, d'où vient Milena, est située à la frontière allemande, pas loin de Frankfort sur l'Oder.


Comme j'aime bien me taper la honte, j'ai commencé très vite. A peine arrivé à l'aéroport, le conducteur de la voiture qui nous emmenait à Kostrzyn me dit "Tomek". Je réponds donc "Tomek". Il me répond "Tomek ??". En fait, Tomek ne veut pas dire "bonjour" en Polonais. C'était juste son prénom.


Plus tard, j'ai appris comment on disait merci. Dziękuję. Mais ça se prononce DGIENCOUILLÉ. Du moins c'est comme ça que je l'ai prononcé tout le week-end, craignant toutefois de me prendre une baffe dans la gueule. Avouez que ça ressemble plutôt à une injure. En revanche, kurwa, dont on pourrait croire qu'il veut dire petite rivière, signifie en fait putain.


Plus la durée de votre séjour est courte, moins vous avez le temps de vous débarrasser de vos idées reçues sur le pays. Il peut même arriver qu'un voyage en soit la démonstration éclatante. J'en veux pour exemple les photos prises samedi matin, lors d'une brève balade dans le village.











Je dois avouer que sans ce mariage, la Pologne aurait sans doute été le dernier pays d'Europe dans lequel je serais allé. Pour moi, la Pologne, c'est les jumeaux fachos, des cathos intégristes, et des moustachus qui cassent du pédé. Samedi, 16h : Cérémonie religieuse. A gauche, la famille de Milena. A droite, celle de Luca. En face, un prêtre avec des lunettes de mafieux. Et pendant une heure, une logorrhée polonaise interminable. Je n'ai rien compris mais je suis sûr qu'il a fustigé l'avortement, le divorce et les juifs. (On est en Pologne, ne l'oubliez pas.)


A l'issue de la cérémonie, on nous fait monter dans un bus et arrivons à 18h dans une sorte de bâtiment à l'architecture improbable. Sans doute détruit pendant la guerre, il a été reconstruit... en moins bien. Le temps d'un brindisi au champagne, et le marié nous livre discrètement un scoop à Andrea et à moi : "Bon, alors voilà : maintenant, c'est fini. Vous n'avez plus qu'à vous asseoir, manger et danser toute la nuit." Hein ?? Commencer le repas de mariage, dès 18h ?


En arrivant à notre table, nous trouvons deux verres. Un pour l'eau, un pour... la vodka. Les verres à vin sont disponibles, mais sur demande. La raison est simple : alors que les polonais considèrent que le vin se boit avec de la viande, la vodka en revanche s'accommode avec tout, comme chacun sait ! Le dîner commence, la tradition étant semble-t-il de manger un peu, puis de danser, avant de revenir à table avec de nouveaux plats. A 21h30, je n'en pouvais déjà plus.






En face, mon voisin de table faisait son show peu réjouissant. Si vous connaissez les stéréotypes d'un italien vu par la France (ils parlent fort, portent des lunettes de soleil la nuit, etc.), peut-être ignorez-vous le regard qu'ils portent sur eux-même quand ils sont en vadrouille. Le rital de base a horreur de la nourriture étrangère, par exemple. Mon voisin d'en face a donc critiqué les plats, de l'entrée au dessert. Mais il a aussi appris des insultes en polonais... qu'il s'est empressé de répéter à la mariée, devant son père. Et je ne parle même pas de ses remarques sur quelques filles... devant sa propre copine. (Un classique.)


Troisième cliché après le prêtre présumé facho et le tour en ville, le mini-orchestre qui assura l'ambiance lors de cette soirée mémorable. Tous moustachus et bedonnants, ils ont joué les plus grands tubes... de Pologne. La preuve en images.





La soirée continue. Arrive le dessert. Conversation surprise entre deux sexagénaires pendant que les autres dansaient :

"-Mais pourquoi à chaque fois les gâteaux de mariage ont toujours une énorme couche de crème ?
- ...
- L'autre gâteau est meilleur au moins ?
- Non"


Vous pensiez que c'était fini ? Pas du tout ! Le concept entrée-plat-dessert est complètement dépassé, donc après le dessert, on a eu droit... à de la viande, encore. Et ainsi de suite. Toujours accompagné de vodka, bien sûr.


A 2h du matin, je me suis dit qu'il était vraiment temps d'aller se coucher. Sauf que, l'alcool aidant, la barrière de la langue s'est estompée, et Tomek nous a invité à sa table. Je me souviens d'avoir jeté un regard interrogatif à Andrea, qui d'un flegme comme rarement les italiens l'ont, me répondit "Que veux-tu ? Ils nous ont invités, on ne peut pas refuser". Je crois que j'ai vraiment touché le fond quand j'ai mangé ma choucroute, un verre de vodka-orange à la main.


Quoi de mieux qu'une conversation avec un mec du cru pour achever brillament cette soirée ? Autour d'un café-vodka, un jeune trentenaire à l'allure d'entrepreneur me parla avec franchise de l'histoire de la Pologne et de sa famille. Les souffrances du nazisme, puis du communisme. Son grand-père, retrouvé pendu. Les jumeaux Kaczinski, les "faces de patates" comme il les surnomme. Cette coalition qui fait son beurre éléctoral sur les blessures du passé. La fracture entre la nouvelle génération et leurs ainés.


Il m'a dit que les jeunes vont devoir attendre de voir mourir leurs grands-parents avant que la situation politique se débloque. D'ici-là, il semblerait que la ligue des familles polonaises (LPR), Autodéfense (Samoobrona), et surtout le PiS (droit et justice) aient encore de beaux jours devant eux. Surtout, il m'a supplié de faire savoir que la Pologne, ce n'est pas que des vieilles en robe à fleurs sur le bord de la route, qu'ils ont internet, et que la relève arrive. Quoi de mieux qu'un blog pour le faire savoir, et tordre le cou aux clichés exposés précédemment ?

Si vous êtes sages, je vous raconterai le dimanche. Ce sera moins long, promis.