30 juin 2007

LE fait-divers de l'année...

Vous n'ignorez pas que j'ai vécu mon premier quart de siècle dans le plus beau quartier de Paris : le XVe arrondissement. Combien de souvenirs se bousculent dans mon esprit quand je repense à la rue Violet, à l'école primaire Fondary, au bus 70, à la place Charles-Michel, à la rue des Entrepreneurs...

Habiter dans une ville comme Paris n'incline pas à la vie de quartier : "On peut y vivre et y mourir sans que personne ne s'en aperçoive" disait le poète (je suis incapable de trouver la citation exacte, ni son auteur). Moins poétique, mais tout aussi révélateur, le 19-20 Ile-de-France fait depuis des lustres une audience inférieure à ses homologues régionaux.

Le parisien n'a donc pas un amour immodéré pour le fait-divers local. Pour cela, il faudrait connaître ses voisins, participer à la vie de quartier... Pas tellement répandu dans une ville de deux millions d'habitants.

Mais voilà qu'arrive le parfait scoop dans ce paisible quartier : le onze mai dernier, la Française des Jeux annonce qu'une grille gagnante a été validée dans un bar-tabac de la rue des Entrepreneurs. Mieux : DEUX grilles gagnantes ! Un fait rarissime, qui s'est déroulé à 50m de mon ancien chez-moi ! Laissez-moi vous narrer, moi qui ai épluché pour vous toute la presse sur cet événement majeur, le déroulement chronologique des faits.

Que s'est-il passé ? Un comptable de 30 ans habitant le quartier jouait toujours les mêmes numéros, si bien qu'il avait pris l'habitude d'appeler directement les gérants du bar pour qu'ils jouent à sa place. Trois jours après le tirage, le lundi 14 mai, il vient vérifier s'il a gagné. Ce dernier, avec un sang-froid indéniable, abuse le joueur et lui dit qu'il a une nouvelle fois perdu. Il garde en revanche précieusement les deux billets gagnants, comme le rapporte cet article du Figaro.

Comme le couple de buralistes sait qu'il est dans une position douteuse, il fait appel à un autre habitué, qui vit de petits boulots. Ce sera lui qui encaissera le chèque de la Française des Jeux, moyennant une commission de... 5%. Bon, ok, ca fait déjà près de deux millions d'euros, mais personnellement, vu le risque encouru, j'aurai demandé plus. Le complice en question se fait donc passer pour le gagnant. Et reçoit donc la somme sur son compte en banque. Ce mec-là a donc eu trente-cinq millions d'euros sur son compte en banque.

Deux problèmes, cependant : il a éveillé les soupçons de son banquier en voulant trois jours plus tard faire quelques virements, et surtout la combinaison gagnante continuait d'être jouée au même tabac de la rue des Entrepreneurs. Quelques jours d'enquête, et les flics passent à l'action. Ce sont eux qui arrêtent le vrai gagnant et qui lui annoncent la bonne nouvelle. L'heureuse victime en aurait fait un malaise cardiaque. On le comprend. Les patrons et leur infortuné complice ont quant à eux été mis en examen. Ils ont avoué.

Questions : que serait-il arrivé si le couple n'avait rien dit ? Si le client avait l'habitude d'appeler les buralistes pour qu'ils jouent "à sa place", qui est réellement propriétaire du reçu de jeu ? Le fait qu'un habitué continue de jouer les numéros gagnants après le tirage du onze mai constitue une preuve suffisante au regard de la loi ? Bref, s'ils n'avaient pas avoué, c'était plaidable. Selon moi. Et c'est un spécialiste du droit qui vous le dit.

23 juin 2007

PARCHEGGIO DIFFICILE

Voici un exemple de passe-temps entre romains.

20 juin 2007

C'est toujours l'heure des infos

Pour la première fois depuis mes 18 ans, je n'ai pas voté au premier tour des législatives. Je n'avais raté aucun scrutin depuis la dissolution de 1997 (qui m'avait permis de voter à l'âge de 18 ans et un mois). Je m'étais tout tapé : régionales 98 , européennes 99, référendum sur le quinquennat en 2000 (peu l'ont fait celui-là !), municipales de 2001. J'achève mes dépucelages électoraux quand je dépose mon bulletin au premier tour des présidentielles de 2002, un certain 21 avril. On connaît la suite : législatives en 2002, re-européennes et re-régionales en 2004, traité constitutionnel en 2005. Ce qui fait... seize allers-retours au bureau de vote (bon courage pour recompter, il y a plein de chausse-trappes.)

Et voilà qu'en arrivant à mon bureau de vote, mon mandataire se voit refuser l'entrée par le président de salle. Motif : à coté de mon nom sur la liste d'émargement, aucune trace d'une procuration. Il ne peut voter en mes lieu et place.

Bon, j'en n'ai pas fait un fromage, mais je me suis quand même fendu d'un coup de fil à la mairie du XXe. Le tribunal d'instance, puis le bureau des élections. Mon interlocutrice ne s'est pas démontée et, constatant la régularité de ma procuration, conclut par un "tout va bien". Tout va bien, sauf que j'ai pas pu voter dimanche, crétine. En fait cette conne (ou une de ses collègues) avait enregistré ma procuration pour les présidentielles, et non pour les législatives. Au second tour, tout s'est arrangé.

Mais c'est pas du tout de ça dont je voulais vous parler. Au début du mois, France Info a fêté ses vingt ans. L'occasion idéale pour célébrer les gros bonnets de la station, ces voix et ces noms que nous avons entendus des milliers de fois... et que nous oublions aussitôt. Vous en doutez ? Alors dites-moi un peu : De quelle chronique s'occupe Frédéric Beniada ? Qui présente la météo ? Dominique Lorioud est un homme ou une femme ? Comment auriez-vous écrit "Armand Peyrou-Lauga" ? (les réponses sont "Les chroniques du ciel", Joël Collado, un homme, comme ça)

Depuis des temps immémoriaux, je fais partie des auditeurs qui entendent plus qu'ils n'écoutent France-Info. Ce qui permet de supporter plusieurs heures non-stop ce flot de paroles. Généralement, je m'arrête quand le reportage de 9h17 repasse à 16h26. C'est comme si j'entendais une voix qui me disait "Maintenant arrête, ou tu vas devenir fou". Jusqu'à présent, je n'ai jamais tenté de repousser cet instinct de survie. Ceux qui l'ont fait sont sans doute en maison de repos.

Je m'égare. En fait, je voulais ici remercier quelques membres de l'équipe qui, selon moi, sortent du lot. Je pense à Gérald Roux, l'auteur de la chronique "Info-musique", vraiment réussie de par son éclectisme et son rythme. Frédéric Charles a également mes faveurs. Moins pour ses reportages sur le pays du soleil levant que pour son délicieux accent nippon et sa manière d'articuler chaque syllabe. Côté accent, Pierre-Yves Dugua, qui présente "la bourse à Wall Street" n'est pas mal non plus. Je n'oublie pas Michel. Michel Ravelet bien sûr, sa chronique "le droit et vous", et ses explications sur les récentes jurisprudences. passionnant (si, si). Bon j'en oublie plein, mais je tenais à faire un gros bisou à Jérôme Colombain, François Beaudonnet, Frédérick Gersal, et tant d'autres.

Ce billet ne serait pas tout à fait complet si je n'évoquais pas également les ringards de France-Info. Connaissez-vous François De Witt ? Il semble inamovible avec "Question d'argent", sa chronique ennuyeuse à mourir, parrainée par un journal que PERSONNE n'a jamais vu en kiosque. (avez-vous déjà vu quelqu'un demander le magazine "Mieux vivre votre argent" ?) Parmi les noms de chroniques ridicules, notons "C'est en France, c'est en Europe", "Le droit des loisirs", "7 jours à Metz", "Statues en liberté", "Les jardins dans l'histoire" et, bien sûr, "L'agenda des chineurs".

Voilà voilà... Sinon, je vais plutôt bien. Un peu intoxiqué par France-Info, mais ça va. En fait, c'était ma seule source d'information en direct pendant les législatives. Mais bon, maintenant c'est fini. Si je ne devais retenir qu'une seule chose de ces derniers jours d'info non-stop, c'est cette merveilleuse réponse du maire de Bordeaux à un journaliste qui lui demandait comment il allait : "Ce que vous voulez, c'est que j'aille très très mal, c'est cela qui vous exciterait. Si je pouvais crever, vous seriez contents."

Le prochain qui me demande comment je vais, je lui répond ça !

04 juin 2007

Un week-end très café-café

Il est des jours où il ne se passe rien, des jours qui ressemblent étrangement à ceux qui les ont précédés, des jours où aucun sentiment ne semble prévaloir, hormis celui de détester ses voisins, ses collègues, le conducteur de la voiture devant soi qui avance à 20km/h.

Et puis il y a les autres. Tenez par exemple : jeudi dernier, 17h. Je quitte le boulot un peu plus tôt pour me rendre à l'aéroport de Pise avec Enrico. Direction Orly, arrivée à 22h30. Nous passons la soirée et la nuit chez Andrea (mon ex-coloc de Trieste, NDLR). Déjà, on est à un niveau assez élevé de cocasserie : un français résidant en Italie hébergé par un pote italien résidant en France, c'est cocasse, admettez-le.

Se retrouver avec des potes de lycée, les fameux "vraisamis", le lendemain à 11h pour charger du matos de soirée à Bastille, c'est peut-être moins cocasse, mais tout aussi divertissant... D'autant que ma journée a continué avec un montage de tente de 27m2 dans un jardin près de Provins (77). Et a fini dans un jacuzzi format familial (6 places). Mon seul petit souci de la journée est survenu au moment du rhabillage : un jacuzzi qui déborde, des vêtements posés à même le sol juste à côté, et me voilà contraint de passer la fin de soirée en boxer-blouson de cuir, combinaison jusque-là inédite en ce qui me concerne.

Le lendemain, c'est une autre tenue, tout aussi inhabituelle, que j'ai portée. costume, chemise, cravate, rasage, sent-bon. 14h : je conduis un homme vêtu du même accoutrement à la mairie de Guérard (77). Une ravissante blonde en robe blanche l'attend. Mon mec, mes parents, et plein d'amis (et de lecteurs) sont présents. Je laisse échapper une larme quand l'adjoint au maire lui demande "Stanislas Noël, voulez-vous prendre pour épouse Camille Mélanie Denis ici présente ?" Deux amis de dix ans. vingt ans d'amitié qui se disent oui.

La journée continue dans un beau domaine ensoleillé. On dîne. La pression monte. On prépare une surprise depuis un bon bout de temps, avec les témoins et garçons d'honneur. Vous savez, ces présentations powerpoint un brin surfaites, pleines de références obscures pour la majorité de l'auditoire, parfois trash ou maladroites, mais le plus souvent ennuyeuses. Voilà. C'est à cet exercice que nous avons dû nous plier.

Présenté comme ça, ça ne donne pas envie. Et pourtant, non seulement ça a été un kif absolu de le préparer, mais en plus ça a eu son petit succès, je crois. En voici un extrait.



Le mariage se poursuit le lendemain sous la tente montée l'avant-veille. Barbecue avec une centaine de personnes dans le jardin. Au soleil. Avec des enfants qui courent sur la pelouse. Des batailles d'eau. Des cadeaux. Et on se quitte déjà, n'en revenant toujours pas : Stan et Camille sont mari et femme.

Je vous épargne le tragique contretemps d'une smart qui refuse de démarrer à cause d'une pile au lithium déchargée. Trois heures de perdu. Et l'apéro avec Andrea saute.

Dimanche soir, autre ambiance, même plaisir. Dîner chez mon frère avec la famille au grand complet. Pour la première fois, les trois enfants sont avec leur conjoints. Ma soeur et son copain visitent des maisons, ma belle-soeur est radieuse, mon frère nous montre sa dernière invention : la nouvelle sonnette de l'entrée, réalisée avec une boîte à musique et des Lego® Technic. Une construction impossible à décrire ici, retenez juste que mon frère est un génie.

Déjà lundi. Enrico et moi petit-déjeunons avec mes parents. Ma mère m'accompagne à l'aéroport. Nous repartons en Italie. A Pise, sur la FI-PI-LI, la voiture de devant avance à 20km/h, mais cette-fois ci, on se dit que c'est pas grave.