22 mars 2007

Récit d'un accident (2)

Si vous n'avez pas lu le début de l'histoire, reportez-vous au post précédent ci-dessous !







Après cette annonce du médecin, on me fit monter au 6e étage pour une inscription. Juste le temps de voir un peu le planning pour prévoir l'opération ces prochains jours. Du moins c'est ce que je croyais. Jusqu'à ce que l'infirmière me dise "Vous pouvez vous rendre chambre 632." Comment ? Je rentre à l'hôpital dès maintenant ? Jamais depuis mon entrée à l'ISC je n'avais été aussi peu enthousiaste d'être "admis". Je passais donc samedi soir ma première nuit à l'hôpital, me sentant bien seul et loin de mes proches.

Curieusement, la journée de Dimanche fut très agréable. Jugez-en par ce panorama ci-dessus : c'est la vue de ma chambre. Balcon plein sud avec vue sur une villa florentine. Des potes, colocs et connaissances sont venus me rendre visite, et j'avais déjà quelques anecdotes à leur raconter.

D'abord l'histoire de ce médecin qui est entré un peu trop vite dans la salle d'examen par des portes façon saloon, et qui a manqué de me détruire mon épaule endommagée. Je m'écarte, il m'évite, mais ce con ne trouve rien d'autre que me faire, tout souriant, une tape amicale... sur l'épaule bien sûr.

Il y eut aussi cette première nuit où un petit vieux dans la chambre d'à côté réclamait dans son sommeil d'une voix lancinante sa "Mamma !... Mammaaa !...". Quelques heures plus tard, une infirmière me fit une prise de sang à 6h du matin en s'excusant de me réveiller aussi tôt. Elle ajouta un truc du genre "En plus j'ai pas les yeux en face des trous, je suis épuisée !" Rassurant.

Parmi les visites dominicales, j'eus droit au prêtre ci-contre qui confessa mes deux voisins de chambre. C'est aussi ça, l'Italie. Des crucifix un peu partout et des bondieuseries en-veux-tu en-voilà.

Lundi matin, un médecin vétéran m'examine, entouré d'une dizaine d'étudiants. Son diagnostic semble mitigé. Est-il vraiment nécessaire d'opérer ? Il demande qu'on mette un point d'interrogation sur mon dossier. Ah ? Bon.

Et puis arrive mardi 6. Déjà trois nuits d'hôpital où j'attends d'être pris en charge, et ce d'autant plus impatiemment que je ne ressens que très peu de douleur, et me sens plutôt valide. Enfin m'arrive par téléphone une bonne nouvelle.

J'avais eu la bonne idée de faire des photos des radiographies, qu'Enrico a envoyé à deux médecins en France. Et c'est mardi que j'obtins une première réponse : Selon l'un d'eux, il n'était pas nécessaire d'opérer. Mon frère, ma soeur m'ont tour à tour appelé, me confiant combien ils étaient rassurés d'une telle perspective. Moi aussi ! Un peu de repos et j'espérais bien vite continuer mon tout nouveau job. Quand j'avais appelé ma boîte la veille, je ne faisais pas le fier. Ils me connaissaient depuis seulement sept jours et j'étais déjà indisponible. Pas très professionnel tout ça...




Je m'endormis donc mardi soir avec la certitude que cette nuit serait ma dernière à l'hôpital. De fait, le lendemain, je fis comprendre au corps médical présent que s'ils hésitaient entre m'opérer ou non, je préférais qu'ils ne m'opèrent pas. On me fit alors descendre au rez-de-chaussée pour me poser une sorte t'attelle. J'eus alors le sentiment que la sortie était proche...




2 commentaires:

  1. Anonyme00:19

    Preum's !
    Je suis le lecteur le plus assidu...

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  2. Stan00:27

    Ben, tu t'es pris pour un chef d'Etat sur la photo au balcon ?

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