31 mars 2007

Récit d'un accident (4)

Suite et fin de cette épouvantable aventure qui a commencé il y a un mois. Comme d'habitude, si vous n'avez pas lu le début de l'histoire, reportez-vous au(x) post(s) précédent(s) ci-dessous !


Pour ceux qui ont mieux à faire, je leur propose un résumé : je me pète la clavicule le 2 mars, et une semaine plus tard, par un concours de circonstances des plus cocasses, je me retrouve à Paris.

Ma première visite a été pour le médecin, qui me prescrit une radiographie (la dixième en une semaine). Et après examen, il me livre son jugement :



"Vous connaissez l'histoire de l'homme de Cro-Magnon ?

"Un jour, l'homme de Cro-Magnon vint voir le sage parce qu'il s'était fait mal à la clavicule, un peu comme vous. Le sage lui intima alors l'ordre de rester se reposer dans la grotte.

"Quand, après quelques semaines, le convalescent commenca à peloter les femmes de la tribu, le sage lui autorisa à aller faire la cueillette dans les environs.

"Au bout d'un mois, quand le sage le vit sauter d'arbre en arbre, il déclara le patient guéri"

Moralité : il ne sert à rien d'opérer, une grotte et un peu de cueillette suffisent. J'ai quand même vérifié si je n'avais pas affaire à un pédiatre, mais non. C'était bien un orthopédiste. Qui m'a juste parlé comme si j'avais huit ans. D'ailleurs, ça a bien marché : j'ai tout retenu, et je le publie même sur mon blog.



















Et bien voilà. La passionante histoire de ma clavicule s'achève, et ça tombe bien parce ca commençait à me les briser de vous écrire tout ça avec ma main gauche.

Alors malgré tout, sachez que pendant ces quelques jours parisiens :

J'ai aidé Boupi à boucher les trous de son nouvel appart Rue Dauphine (première photo),

J'ai fait ma procuration pour les législatives. Je n'ai pas jugé nécessaire d'illustrer ce point par une photo de l'antenne du tribunal d'instance de la mairie du XXe. C'est un choix éditorial que j'assume, vos critiques et insultes sont les bienvenues dans les commentaires.

Enrico m'a rejoint, nous avons visité la Villa Savoye de Poissy, conçue par le Corbusier (deuxième photo),




















Enfin, nous sommes rentré par le très romantique train de nuit Paris-Rome, où nous nous sommes même offert le dîner dans le wagon-restaurant. Un vieux rêve que j'ai toujours voulu réaliser...

























...rêve partagé par Enrico...









...malgré un menu qui n'était pas sans me rappeler de merveilleux souvenirs de repas hospitaliers.





24 mars 2007

Récit d'un accident (3)

Si vous n'avez pas lu le début de l'histoire, reportez-vous au post précédent ci-dessous !

On me mit d'abord une sorte d'énorme attelle en mousse qui ressemblait à des protections de footballeur américain. Une petite radiographie pour voir si ça collait, et là...

...Ca colle pas. On discute, on observe. Puis on essaie autre chose. Une bande collante que l'on m'applique sur toute l'épaule. Nouvelle radiographie. Même résultat : la consolidation ne semble pas possible avec de tels instruments. L'interne se dirige alors vers la pièce à côté pour montrer les radios au médecin-chef.

C'est alors que j'entends une belle engueulade. "Mais qu'est-ce que tu as fait ? Je te le dis pour la dernière fois : devant un tel type de fracture, on ne met JAMAIS de bande collante. Soit c'est l'attelle en mousse, soit c'est l'opération. Compris ?"

Pas vraiment rassuré, je remonte dans ma chambre, comprenant bien que cette fois-ci, l'opération est inéluctable.

Oui mais quand ? La fracture a déjà une semaine ou presque. C'est pas un peu tard ? En tout cas, ça se fera avant la fin de la semaine. S'ils m'ont gardé, c'est bien pour m'opérer. Rapidement. Il y va de leur intérêt. Jeudi, surprise : je m'attendais à un "vous serez opéré demain", j'ai un "pas avant la semaine prochaine." Arf ! Mon père, qui entre temps était venu me voir, me propose alors de rentrer à Paris. Avec un cousin directeur de clinique qui pouvait me garantir un rendez-vous rapide avec un orthopédiste, le choix était vite fait. Je quittai le Centre Traumato-Orthopédique de Florence avec la nette impression d'avoir perdu mon temps... et gaspillé l'argent de la sécu. Qu'y puis-je ? un train de nuit plus tard, nous étions à la gare de Bercy vendredi 9 au matin...

22 mars 2007

Récit d'un accident (2)

Si vous n'avez pas lu le début de l'histoire, reportez-vous au post précédent ci-dessous !







Après cette annonce du médecin, on me fit monter au 6e étage pour une inscription. Juste le temps de voir un peu le planning pour prévoir l'opération ces prochains jours. Du moins c'est ce que je croyais. Jusqu'à ce que l'infirmière me dise "Vous pouvez vous rendre chambre 632." Comment ? Je rentre à l'hôpital dès maintenant ? Jamais depuis mon entrée à l'ISC je n'avais été aussi peu enthousiaste d'être "admis". Je passais donc samedi soir ma première nuit à l'hôpital, me sentant bien seul et loin de mes proches.

Curieusement, la journée de Dimanche fut très agréable. Jugez-en par ce panorama ci-dessus : c'est la vue de ma chambre. Balcon plein sud avec vue sur une villa florentine. Des potes, colocs et connaissances sont venus me rendre visite, et j'avais déjà quelques anecdotes à leur raconter.

D'abord l'histoire de ce médecin qui est entré un peu trop vite dans la salle d'examen par des portes façon saloon, et qui a manqué de me détruire mon épaule endommagée. Je m'écarte, il m'évite, mais ce con ne trouve rien d'autre que me faire, tout souriant, une tape amicale... sur l'épaule bien sûr.

Il y eut aussi cette première nuit où un petit vieux dans la chambre d'à côté réclamait dans son sommeil d'une voix lancinante sa "Mamma !... Mammaaa !...". Quelques heures plus tard, une infirmière me fit une prise de sang à 6h du matin en s'excusant de me réveiller aussi tôt. Elle ajouta un truc du genre "En plus j'ai pas les yeux en face des trous, je suis épuisée !" Rassurant.

Parmi les visites dominicales, j'eus droit au prêtre ci-contre qui confessa mes deux voisins de chambre. C'est aussi ça, l'Italie. Des crucifix un peu partout et des bondieuseries en-veux-tu en-voilà.

Lundi matin, un médecin vétéran m'examine, entouré d'une dizaine d'étudiants. Son diagnostic semble mitigé. Est-il vraiment nécessaire d'opérer ? Il demande qu'on mette un point d'interrogation sur mon dossier. Ah ? Bon.

Et puis arrive mardi 6. Déjà trois nuits d'hôpital où j'attends d'être pris en charge, et ce d'autant plus impatiemment que je ne ressens que très peu de douleur, et me sens plutôt valide. Enfin m'arrive par téléphone une bonne nouvelle.

J'avais eu la bonne idée de faire des photos des radiographies, qu'Enrico a envoyé à deux médecins en France. Et c'est mardi que j'obtins une première réponse : Selon l'un d'eux, il n'était pas nécessaire d'opérer. Mon frère, ma soeur m'ont tour à tour appelé, me confiant combien ils étaient rassurés d'une telle perspective. Moi aussi ! Un peu de repos et j'espérais bien vite continuer mon tout nouveau job. Quand j'avais appelé ma boîte la veille, je ne faisais pas le fier. Ils me connaissaient depuis seulement sept jours et j'étais déjà indisponible. Pas très professionnel tout ça...




Je m'endormis donc mardi soir avec la certitude que cette nuit serait ma dernière à l'hôpital. De fait, le lendemain, je fis comprendre au corps médical présent que s'ils hésitaient entre m'opérer ou non, je préférais qu'ils ne m'opèrent pas. On me fit alors descendre au rez-de-chaussée pour me poser une sorte t'attelle. J'eus alors le sentiment que la sortie était proche...




20 mars 2007

Récit d'un accident (1)

Ce vendredi 2 mars, j'étais à une fête chez Angelo, un pote de mon ex-coloc Edouardo. Plein d'italiens et d'Erasmus, et même un hawaïen qui avait des origines italienne, polonaise, hawaïenne et chinoise.

Il devait être 1h30 du matin quand je décidais de rentrer chez moi. Le sol était sec, la température douce et le trafic inexistant. J'écoutais mon lecteur mp3 tout en pédalant les mains dans les poches. le garde-boue de la roue avant faisait un léger bruit, comme d'habitude. En fait, légèrement plus prononcé.

En l'espace d'une fraction de seconde, je me suis trouvé à terre, bien sonné. Et sans musique, seulement le silence de la rue. Ma première réaction a d'ailleurs été, après avoir pris soin toutefois de m'écarter de la chaussée, de vérifier si mon Archos était pété ou non. A ma grande honte. Mon second réflexe a été de chercher un éventuel obstacle sur l'asphalte. Rien.

C'est en observant le garde-boue que je compris l'origine de ma chute. La pièce en métal a dû frotter contre le pneu et s'est plié en accordéon jusqu'à la fourche, bloquant la roue instantanément. Je rentrai clopin clopant chez moi, pris un antalgique et me couchai.

Le lendemain matin, je ressentai encore une douleur faible mais persistante à l'épaule. Je décidai donc de me rendre à l'hôpital Careggi de Florence, lequel m'a immédiatement aiguillé vers le Centre Traumato-Orthopédique, ou CTO.

Tant mieux. Parce que la dernière fois que j'avais entendu parler de Careggi, c'était en février. On avait transplanté un foie, deux reins (trois fois rien) à trois patients différents. Sauf que le donneur était... séropositif. Aïe, la boulette. Pour l'hôpital de la ville des Médicis, d'où vient le mot "médecin", ça la fout mal. Même si par ailleurs, le système hospitalier toscan a une excellente réputation...

J'arrive au CTO, où l'on me fait plusieurs radiographies. Je patiente. Puis on m'appelle. Une blouse blanche m'accueille, clipe les radios sur le tableau lumineux, et m'informe que j'ai une fracture intra-articulaire de la clavicule droite, à l'extremité distale. Il ajoute qu'il faudra m'opérer sous anésthésie générale.

Je m'effondrai alors sur le sol carrelé de cette salle blanche, fixant avec désespoir le néon au plafond avant de perdre connaissance.*

(* : cette scène n'a peut-être pas eu lieu)

10 mars 2007

Les raisons d'un silence... Bientôt !

Ami lecteur,

Tu t'interroges sur l'absence de mise à jour de mon blog ?
Tu auras bientôt la réponse à toutes tes questions...

Sache seulement pour l'instant que ma palpitante
aventure a commencé le week-end dernier, plus précisément
vendredi 2 mars, et qu'elle commence par une étrange
histoire de garde-boue de vélo dans une rue sombre de
Florence...

A bientôt !