11 janvier 2007

Deux-mille sept

Je ne vais pas me priver du principal intérêt d'un blog : échapper à la corvée des voeux de bonne année. Je te souhaite donc à toi, lecteur(trice) et ami(e), une année 2007 remplie de bonheur, de réussite, de fromage, bien sûr, mais aussi de coups durs et d'épreuves horribles, parce que ça forge le caractère et puis comme ça on apprend de ses erreurs, c'est bien connu.


Sur le thème "je te raconte ma Saint-Sylvestre", c'est à Porquerolles, une île au large de Toulon, que j'ai passé les premiers instants de cette nouvelle année. J'étais en compagnie d'Enrico, de mon frère, et de plusieurs de ses amis.

Porquerolles fait partie des îles d'Hyères, tout comme Port-Cros, réserve naturelle ultraprotégée où il est quasiment interdit de regarder les arbres, et l'île du Levant, qui abrite une base militaire, protégée elle aussi. Nous étions donc sur la seule île un peu tranquille, où réveillon ne rime pas avec interpellation, contravention ou prison, mais plutôt avec champagne, confit de canard et côtes du Rhône.

Contrairement aux apparences, nous n'étions pas seuls, puisque le port affichait complet dès le 30. En fait, il semble que Porquerolles soit le seul port de la région où la tradition d'un réveillon sur l'eau soit établie. Il attire de ce fait plusieurs dizaines de bateaux chaque année. Comme quoi, réussir un réveillon, c'est quand même pas compliqué : un bateau, quelques amis, du champagne et basta.


Permets-moi à présent, lecteur, de porter à ta connaissance une image de l'Italie vue sous l'angle de la recherche d'emploi. Je ne sais pas dans quelle mesure ce qui m'est arrivé le 9 janvier dernier est représentatif de ce qui se passe à l'échelle du pays, mais je pense sans trop me tromper que cela révèle quelques qualités et défaut du peuple qui a la gentillesse de m'accueillir sur son sol.

Je me suis mis en tête ce 9 janvier d'aller rendre visite à quelques "Vivai", ces pépinières qui s'étendent sur plusieurs hectares entre Pistoia et Prato. Pourquoi en effet ne pas laisser mon CV à ces entreprises qui exportent à hauteur de 80% en moyenne en Europe ? J'avais bien pensé à contacter la chambre de commerce du coin, histoire d'agrémenter leur base de données de mon curriculum et de m'éviter ainsi un fastidieux tour en caisse, mais mon interlocutrice ne m'a guère laissé d'espoir : les pépinières font rarement appel à la chambre de commerce pour des offres d'emploi.

Je me suis donc lancé dans la recherche sur place, appréhendant ainsi une petite vieille à qui je demande mon chemin et quelques informations. Elle me répond d'abord froidement, puis se déride un peu et me conseille d'aller tenter ma chance un peu plus loin. De fil en aiguille, je me retrouve d'abord chez une quincaillerie, qui m'envoie en face, dans une entreprise familiale de vente de végétaux. Là, un type d'une extrême gentillesse me parle de Paris avec des étincelles dans les yeux et me donne les coordonnées de deux de ses amis qui dirigent des vivai un peu plus grand, et qui exportent massivement en France.

Et ainsi de suite, jusqu'au gros bonnet du marché de la plante verte : Innocenti & Mangoni. Dans un cadre luxueux et raffiné, je me présente un peu intimidé à la secrétaire. Qui appelle quelqu'un. Qui me fait passer un entretien au pied levé. Au cours de la discussion, je comprends qu'il s'agit d'un des dirigeants. A l'issue de l'entretien, il m'a donc semblé naturel de le remercier de sa disponibilité. Il m'a répondu avec malice qu'ici, on ne s'embarassait pas avec ce genre de conventions...

En l'espace d'une journée, j'ai recueilli une somme d'informations sur le marché, sa concurrence, sa saisonnalité. Ca se passe comme ça, en Italie. Certes, l'économie du pays est moribonde, les infrastructures insuffisantes, la corruption bien ancrée. Mais il reste tout de même un petit quelque chose du miracle économique des années 60 : un réseau de PME qui savent défendre leurs intérêts communs quand il le faut, une information qui circule rapidement, et des chefs d'entreprises qui n'ont pas peur d'entreprendre, justement.

Selon vous, en France, combien de chefs d'entreprise de taille moyenne seraient prêt à rencontrer le premier demandeur d'emploi qui frappe à sa porte, sans rendez-vous, en jean-baskets ?

1 commentaire:

  1. pas moi en tout cas, mais tu sais combien je suis pointilleux.

    belle gestion des compétences en tout cas, manière de considérer que le mec qui vient à toi est un peu plus motivé que celui qui clique et qui arrive en costard.

    croisons les doigts et serrons les fesses, enfin pas trop.

    une grosse bise à Enrico, je suis sûr que tu en as un plein stock from France !

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