25 décembre 2007

Noël, c'est avant tout la famille


Retour de réveillon. Un gros bisou à mes cousines, qui me lisent, et un "cadeau" pour elles : la publication de mes recherches généalogiques. De manière quasi-exhaustive. Plus que quelques mises à jour, et une décennie de recherches (par intermittence, cela va sans dire) sera disponible en ligne. Certes, cela n'intéressera pas grand monde, a part peut-être quelque DRH pervers, mais cela me permet de vous en dire plus sur une activité que je pratique assidûment sans jamais pouvoir la partager avec d'autres personnes que ma famille. Quand je parle de généalogie, j'ai toujours l'impression que ça suscite le même intérêt que si je proposais de voir ma collection de timbres (un jour j'espère, vous y aurez droit sur ce blog). Aussi, internet me permet de proposer sans imposer l'état de mes recherches.

Je connais le nom de 270 ancêtres, de 1445 à nos jours. La durée moyenne d'une génération est de 32 ans et 8 mois. Dans ma famille, on se marie à presque 28 ans chez les hommes, et à un peu plus de 23 ans pour les femmes. (Bon parfois, on se marie à 16 ans, et on a un gosse six mois après, hein. Ce sont des choses qui arrivent.) Parfois les mariés ont 26 ans d'écart. Parfois on tombe sur des métiers rigolos, genre marchand de bas, ou fustier.

Ces recherches, qui sont sans doute le travail le plus approfondi et le plus singulier que j'aie jamais fourni, ont longtemps sommeillé dans trois gros dossiers et sur une grosse base de données Excel bourrée de formules et désormais ingérable.

Le contenu de ces dossiers se décompose en archives familiales, et en photocopies d'actes d'Etat-Civil (naissances, mariages, décès, ou NMD) ou de registres paroissiaux (baptêmes, mariages, sépulture, ou BMS).

Jusqu'à présent, ces copies, je les avais obtenues par deux moyens. Soit j'en faisais la demande aux mairies de villages de 300 âmes, soit je me déplaçais aux archives départementales des zones concernées. Une cote à trouver dans l'inventaire des archives, un microfilm à aller retirer et à installer sur une machine antédiluvienne, le bon acte à retrouver parmis des milliers de pages manuscrites, tâchées et parfois illisibles. Une pièce dans la fente et hop, la photocopie sortait. Restait plus qu'à déchiffrer le texte, en déduire toutes les infos possibles, et continuer les recherches sur la génération d'avant, en cherchant une nouvelle cote dans l'inventaire...

Or, ce petit jeu, maintenant, c'est (presque) fini. Internet a, comme c'est curieux, tout changé.

D'abord un site, fondé en 1996, et qui, chose rare dans ce domaine, n'est pas mormon, a eu la bonne idée de proposer à tout un chacun de publier son arbre généalogique en ligne, et s'est ainsi constitué une base de données assez phénoménale : le site avance le chiffre de 178 millions d'individus. Trois fois la population française !

Mais c'est surtout la numérisation des archives qui va révolutionner ce (tout) petit monde.



D'ici cinq à dix ans, la plupart des archives départementales auront leur Etat-civil disponible en ligne. Ce qui signifie qu'avec un peu d'entrainement, chacun pourra, s'il en a la curiosité, connaitre une petite partie de ses ancêtres.

La combinaison de ces deux facteurs fait qu'à présent, la quasi totalité de toutes ces pages manuscrites centenaires sont consultables sur "mon arbre en ligne", dans une interface hélas peu conviviale, mais ordonnée, c'est déjà ça.

Un marché de niche est en train de naître. Investisseurs, foncez.

07 décembre 2007

Décembre, le mois des "best-of"

Ca n'est un secret pour personne, les vidéos en ligne ont participé à l'actualité en France en cette année 2007. Je vous propose les cinq qui m'ont semblé avoir fait le plus de buzz, mais toute proposition est la bienvenue.

En cinquième position :

Royal propose un truc qui sonne bien : appliquer les 35h aux enseignants. Joli coup, on apprendra par le Canard quelques jours plus tard que la vidéo sommeillait dans les archives de la fédé PS du Maine-et-Loire, et que c'est un fabiusien qui a vraisemblablement déterré la perle pour la publier sur le net.

En quatrième position :

Alain Duhamel fait son coming out centriste. De son propre aveu, il a été dépassé par les événements, et ne se savait pas filmé. A sa décharge, comme le montre la version longue, il a livré son opinion au détour d'une analyse qu'il développait sur l'Europe dans la campagne.

En troisième position :


Devedjian qui traite Comparini de salope. Ah, il est bon celui-là ! Un peu court, mais c'est bien fait pour ce con de Devedjian que je déteste. Le buzz a duré très peu de temps, mais il a été intense. On ignore la part de responsabilité de cette vidéo dans la décision de Comparini de se retirer de la vie politique le 18 septembre dernier.

En deuxième position :

Sarkozy soupçonné d'alcoolisme au G8. Je n'ai pas vérifié, mais c'est sans doute celle qui a été le plus visionnée de l'année en France. Et pour cause ! Qu'est-ce qu'elle m'a fait marrer ! On ne saura jamais le fin mot de l'histoire. Un doute subsiste en ce qui me concerne : s'il n'était pas bourré, c'est quand même bien imité...

En première position :


Sarkozy qui se fait traiter d'enculé par un pêcheur. Si vous êtes un inconditionnel de ce blog, vous avez déjà vu la première version. Celle où Sarkozy est incapable d'aligner trois mots. Mais un pote avait dans les commentaires proposé une autre version, qui est celle que je vous publie ici, au cas où elle vous aurait échappée. (Étant en Italie, je sais pas dans quelle mesure la vidéo a été reprise dans les médias traditionnels. Peu, sans doute.)

En fait, comme le révélait le site d'Arrêt Sur Images le 7 novembre dernier, les images ont été prises par un journaliste du Télégramme de Brest, qui fait une édition "JTWeb" (Si, si). Il était le seul journaliste qui n'était pas embedded dans le cortège présidentiel. Allez voir ce site, il est vraiment bien, d'ailleurs je vais m'abonner. Pas le JTWeb du télégramme de Brest, hein ? Je parle bien d'Arrêt sur Images, le site né de la disparition de l'émission sur France 5. Je conçois que Schneidermann puisse vous énerver parfois, mais votre sens critique devrait suffire à dépasser cette allergie.


Allez, en bonus, pour faire plaisir aux pédéblogueurs, les vidéos des footballeurs argentins Jonathan Maidena et Ever Mangana qui montrent leur bite en chattant sur des sites de rencontres.

27 novembre 2007

Noël 2007 : c'est fini...

Alors que la plupart d'entre vous commencent à peine leurs achats de noël, c'est pour moi une période désormais révolue... Professionnellement j'entends.

J'ai en effet passé aujourd'hui ma dernière commande de saloperies que nous mettrons en vente sans vergogne sur notre site internet et dans nos magasins. Cafetières en forme de Papa Noël, porte-manteaux caribou, boule gonflable géante qui fait de la neige, mugs de Noël musicaux...

Et ça se vend.

Je ne suis pas mécontent de sortir de ce guêpier. Parce qu'il faut pas croire, hein ! C'est pas de tout repos d'être un buyer (c'est le nom de mon job, je l'ai appris hier) dans une entreprise de VPC (ou vente par correspondance, je l'ai appris avant-hier). C'est pas drôle tous les jours de commander des centaines d'articles, parfois à des milliers d'exemplaires, et qui vont se vendre comme des petits pains jusqu'au 24... et pas au-delà ?



Comment trouver la quantité idéale à acheter ? Trop, cela génère des frais d'entrepôt et d'assurance élevés. Pas assez, cela créé des back orders. Et, si l'on est trop frileux, et qu'on achète par petites quantités de manière régulière, c'est le budget "transport" qui explose... Un dilemme, j'vous dis !



Alors je vous entends déjà dire : c'est quoi un back order ?


Et bien c'est une problématique typique de la VPC. Prenons un exemple :


Un client m'achète une cafetière-papa-noël, code 151562. Je l'ai en stock, je la lui expédie.


Autre exemple : un client m'achète un caddie-qui-fait-siège-pliant, code 145525. Je ne l'ai PAS en stock, parce que les huit pallettes sont bloquées à Francfort, et qu'elles n'arriveront que dans trois semaines. Bon, c'est un peu plus chiant, mais c'est pas grave, j'enverrai le colis quand les caddies arriveront à l'entrepôt.


Troisième exemple : un client m'achète des ciseaux pour pizzas, code 145817, un aspire-miettes hamburger, code 142892, et un hamac pour chats, code 117346. J'ai du stock pour les deux premiers articles, mais voilà, le conteneur de Shangaï avec les 1440 hamacs pour chat attend d'être dédouané au port de Livourne. Comment faire ?


Si les hamacs arrivent d'ici trois jours, rien de grave : je fais attendre mon client, et ferai partir le colis dès que la totalité de la commande sera prête. C'est la technique dite "Cdiscount".

Si les hamacs arrivent plus tard, je vais envoyer à mon client les produits disponibles immédiatement dans un premier colis, dont il a payé les frais d'expédition, et lui enverrai un deuxième colis aux frais de l'entreprise, avec les articles manquants. Le solde de la commande, un back order, quoi !


Voici un joli conte de Noël qui concluera agréablement mon propos.




12 novembre 2007

La pyramide des âges de Dinant (Belgique)

Aujourd'hui j'ai reçu le mail suivant :

Bonjour Benjamin,

Suite à notre entretien du 26 octobre 2007, et comme promis, je t'envoie
(en pièce jointe) les chiffres relatifs à la population dinantaise au
01/01/2007, répartis par tranche d'âge et par sexe.

Le reste suivra dans les semaines qui viennent.
Je reste à ta disposition pour toute information complémentaire.

Bien à toi,

Céline XXXX.


Voici ma réponse :


Chère Céline,

Merci beaucoup pour ces données précieuses !

Votre pyramide des âges est bien équilibrée, avec des lignes élégantes : la classe.
Je note qu'il y a bien 16 habitants de plus de 95 ans, bravo !
Fait curieux : a partir de 70 ans, le nombre d'habitants par tranche est toujours impair.
Enfin, il y a plus de filles que de garçons :

D'habitude, c'est pas bien grave, mais là il s'agit de 598 personnes !

il va falloir me corriger ça bien vite. Deux solutions s'offrent à vous :

- Soit vous redécoupez la commune, de manière à éviter ce déficit masculin.
- Soit vous modifiez directement l'État-civil des habitants.
Voilà voilà.

J'aurai du mal à vous en dire plus, puisque nous ne nous sommes jamais rencontrés. En effet, je ne suis pas le destinataire de ce courriel. En revanche, il pourrait bien s'agir de Benjamin MOREAUX, un homophone à qui j'ai déjà transféré quelques mails qui lui étaient destinés. (Je l'ai mis en copie)

Heureusement que ces données ne sont pas secret-défense. Si M. MOREAUX vendait des armes en Afrique, ça ferait belle lurette qu'on m'aurait retrouvé suicidé avec une balle dans le dos...

En espérant que vous me pardonnerez cette réponse absurde, mais qui je l'espère vous aura fait sourire,

Veuillez accepter mes cordiales salutations.

09 novembre 2007

Verrazzano, cet oublié

Avant de déménager en septembre dernier, j'habitais en face du pont Verrazzano, sans jamais avoir eu la curiosité de chercher qui était ce personnage. C'est sur la page d'accueil de Wikipedia aujourd'hui que j'eus une révélation.

M'intéressant grandement à l'Acadie depuis la chanson de Fugain, j'ai jeté un coup d'oeil à cette page. C'est alors que je découvris qui fut Giovanni da Verrazzano : un explorateur, moins connu que Cartier, Colomb ou Polo, mais a qui l'on doit quand même :
- le nom d'Acadie,
- une erreur grossière de cartographie,
- le nom ridicule de "Nouvelle Angoulême" pour désigner ce qui allait devenir la Nouvelle Amsterdam, puis New York. Pas rancuniers, les New-Yorkais ont baptisé "Verrazano"... le pont suspendu entre Brooklyn et Staten Island. Incroyable, non ? Après avoir habité à côté de la statue de la liberté (...à Paris), voilà que s'ajoute à mon palmarès le Pont Verrazzano (...à Florence).

Moralité : vive Wikipedia. (et l'hypertexte...)

02 novembre 2007

Ces jours feriés qui ne servent à rien

Un mini-cafard hier, pour la Toussaint.

Hier, c'était une de ces journées où l'on n'a rien de vraiment prévu, juste quelques projets dépourvus d'ambition, un truc du genre "Allez, je me fixe pour objectif de monter l'armoire, j'aurai au moins fait un truc dans la journée".

Et puis ça vient pas, la satisfaction que vous pensiez trouver dans la réalisation dérisoire de ces petits buts ne se présente pas, et vous vous dites "Putain, il est 17h et j'ai rien foutu. A part monter l'armoire. Super."



Cet état d'esprit se traduit chez moi par un certain abattement, un décourageant "de toute façon, la journée est foutue." Je suis généralement, dans ces cas-là, insupportable, et de mauvaise compagnie.

C'est dans cette dynamique chronologique de la journée qu'Enrico et moi sommes allés au cinéma. Ceux qui me connaissent savent que je ne suis pas un cinéphile aguerri. Je n'allais pas très souvent au cinéma à Paris, et ma fréquentation ne s'est pas accrue en m'installant à Florence.

La séance d'hier m'a toutefois permis de me familiariser avec ce qu'on entend par "cinéma" dans tant d'autres lieux qu'à Paris. Parce que j'étais déjà allé à l'UGC Ciné Cité Les Halles ou au Gaumont Aquaboulevard, je croyais - bêtement ! - savoir ce qu'était un multiplexe. Grave erreur. En allant au Vis-Pathé de Florence, j'ai compris ce que c'était que consommer du cinéma quand on n'habite pas une grande métropole.


Première évidence : le parking, façon Ikea. (d'ailleurs, c'est à côté de l'Ikea, dans la zone industrielle de Campi-Bisenzio) Puis le bâtiment. Aux couleurs de Pathé, criard mais festif, avec le logo en forme de mobile. A gauche, un snack-bar bondé, et une voiture en présentation. A droite l'accès aux salles et une salle de jeu, bondée également. Au milieu, huit caisses, dont deux ouvertes. Au dessus, l'énorme mobile PATHÉ, qui tourne mécaniquement au dessus des files d'attente. Du monde partout, des enfants qui courent (il n'est que 18h30), et quelques décorations d'halloween, et le tour est joué.

Je vous épargne la programmation, parce que je sais que ça n'a vraiment aucun intérêt d'énumérer les 16 salles. Mais j'en ai envie, pourtant ! Et je ne résiste pas à vous livrer le pitch de l'un d'eux : "Sarah, jeune américaine étudiant l'art à Rome, ouvre malencontreusement une urne maléfique, d'où s'échappe la pire sorcière de tous les temps." (La terza madre, Dario Argento, Italie, 2007)

Bref. Notre choix se porte sur un film canado-italo-japonais, Soie. Le pitch ? "Au tout début des années 1860, une maladie ravage les élevages européens de vers à soie. Même les oeufs de provenance aussi lointaine que l'Inde et l'Afrique sont infectés, et le commerce entier de la soie en Europe semble condamné.Hervé Joncour, un jeune officier marié à une femme dévouée, Hélène, est chargé par les éleveurs de Lavilledieu d'une périlleuse mission : il doit se rendre en secret au Japon, l'île fermée aux étrangers, qui produit la plus belle soie du monde pour y acheter des oeufs sains..."

Comme le film débutait plus d'une heure après l'achat des billets, on a eu le temps de faire la queue pour aller manger une tranche de pizza dégueu, faire la queue pour aller pisser, faire la queue pour s'acheter des pop-corns, et enfin faire la queue pour accéder à la salle (tout ceci est parfaitement exact et non-exagéré, on a même fait la queue en caisse pour sortir du parking)

Vous imaginez bien qu'après ces épreuves, il n'était plus du tout question d'aller voir le film canado-italo-japonais, les oeufs de ver à soie, etc. Je me suis revu Ratatouille qu'Enrico n'avait pas vu, et on a bien riogolé.

Florence est une ville d'art, mais pas de cinéma !


20 octobre 2007

Armééénie

Voici donc la liste "tant attendue" :
Vanessa Paradis
Renaud Séchan
Philip Lavil
Hervé Vilard
Julien Clerc
Linda De Suza
Nana Mouskouri
Patrick Sabatier
Lio et Alain Souchon
Gilbert Montagné
Jean-Luc Lahaye
Yves Duteil
Marcel Amont
Gilbert Bécaud
Charles Aznavour
Serge Lama
Mireille Mathieu
Herbert Léonard
Images
Michel Sardou
Dorothée et Jairo
Alain Souchon et Véronique Jeannot
Patricia Kaas, Phil Barney et Gérard Blanc
Adamo, David et Jonathan, Jairo et... ?
Francis Lalanne
Eddy Mitchell et Johnny Hallyday
Nicoletta, qui hurle,
et enfin, Charles Aznavour.

Merci de votre attention.

16 octobre 2007

Benjamin au pays des Shupiaks 2



Par souci d'exhaustivité, et parce que je tiens mes promesses, je vous raconte le lendemain du mariage. Mais en plus court, parce que passer la semaine à rédiger ce qu'on a fait le week-end, c'est pas possible. Il y a des gens qui arrivent à écrire d'un jet, mais c'est loin d'être mon cas : blogger est une activité qui me prend un temps fou ! Et pourtant, comme vous l'avez remarqué par la fréquence des posts, je ne suis pas stakhanoviste...

Au fait, un shupiak, c'est un terme inventé par cet ami, et utilisé quasi-exclusivement par lui et moi. D'après moi (qu'il me corrige si je me trompe) il désigne un habitant des pays de l'est. Le shupiak est le plus souvent de sexe masculin, généralement pas de la première jeunesse, il a une chapka, sent un peu la vodka et rit de bon coeur (même si parfois il a des dents pourries).

Bref, après avoir quitté mes amis polonais, qui n'étaient pas des shupiaks, je suis remonté dans ma chambre d'hôtel à 5h15 pour une nuit de deux heures environ. Comme Andrea me connaît bien et que c'est la personne la plus attentionnée que je connaisse, c'est lui qui s'est réveillé pour... me réveiller ! Un thé dégueulasse, et hop : je monte dans le taxi... où je me rendors aussitôt. Une heure passe, et comme j'avais prévu large, je patiente une autre heure dans la gare de Kostrzyn. Tout en ne lâchant pas des yeux ma valise, sur les conseils même de la mariée.




Les faits notables se raréfient au fil de la journée. Le contrôle des passeports, effectué sur le quai par cinq agents de trois corps de police différents, m'a semblé un peu inutile. (La convention de Shengen sera appliquée le premier janvier prochain.) Après le train, très court passage à Berlin, l'équivalent d'un Gare de l'Est - Roissy. Mais rien que ça, c'était excitant. Un peu frustrant, mais excitant. Déjà l'avion. Puis Pise, avec Enrico.

La journée ensoleillée nous a incité à aller lézarder sur la plage en début d'après-midi. On s'est même baigné, mais c'était vraiment pas par plaisir, sinon celui de pouvoir l'écrire ici-même et vous faire bisquer. Dernier fait notable, sur le chemin du retour nous fîmes un détour à l'Ikea de Florence. Se réveiller en Pologne, passer par l'Allemagne pour se baigner en Toscane puis acheter une étagère Lack et des Daims, je l'avais encore jamais fait. C'est mes collègues du bureau qui ont été contents lundi matin. J'ai eu plein de trucs à leur raconter.




Sans transition, j'aimerais vous proposer un défi : en cliquant ici, vous aurez accès au clip de "Pour toi, Arménie", la chanson d'Aznavour de 1989 avec plein de gens connus. Et bien justement, les reconnaitrez-vous tous ? Avec un ami, on a fait la liste, il ne nous en manque qu'un ! Je vous communiquerai notre liste lors du prochain post, dans moins de six mois.

08 octobre 2007

Benjamin au pays des Shupiaks



Et de trois. Je rentre de mon troisième mariage cette année. Le premier avait déjà fait l'objet d'un post, et pour cause : Camille et Stan qui se marient, je ne l'avais jamais imaginé, même dans mes pires cauchemars. Le deuxième, italien, n'a été évoqué que brièvement dans ce blog, car il s'agissait d'amis d'Enrico que lui-même connaît peu. Le troisième s'est déroulé samedi dernier... en Pologne. Je suis allé à Kostrzyn pour le mariage de Luca et Milena.


Pour savoir de qui il s'agit, il faut remonter à 2002, durant mon Erasmus à Trieste. J'habitais alors Via Ginnastica, avec Andrea et Luca. Si j'ai toujours gardé contact avec le premier, j'avais un peu perdu de vue le second. A peine une entrevue à Turin en 2005. Des voeux de bonne année. Peut-être une carte postale.


Via Ginnastica, Trieste.


Pas rancunier, Luca nous a invité à son mariage, Andrea et moi. Vendredi dernier, donc, je prends mon avion pour... Berlin. Ben oui parce qu'en fait, Kostrzyn, d'où vient Milena, est située à la frontière allemande, pas loin de Frankfort sur l'Oder.


Comme j'aime bien me taper la honte, j'ai commencé très vite. A peine arrivé à l'aéroport, le conducteur de la voiture qui nous emmenait à Kostrzyn me dit "Tomek". Je réponds donc "Tomek". Il me répond "Tomek ??". En fait, Tomek ne veut pas dire "bonjour" en Polonais. C'était juste son prénom.


Plus tard, j'ai appris comment on disait merci. Dziękuję. Mais ça se prononce DGIENCOUILLÉ. Du moins c'est comme ça que je l'ai prononcé tout le week-end, craignant toutefois de me prendre une baffe dans la gueule. Avouez que ça ressemble plutôt à une injure. En revanche, kurwa, dont on pourrait croire qu'il veut dire petite rivière, signifie en fait putain.


Plus la durée de votre séjour est courte, moins vous avez le temps de vous débarrasser de vos idées reçues sur le pays. Il peut même arriver qu'un voyage en soit la démonstration éclatante. J'en veux pour exemple les photos prises samedi matin, lors d'une brève balade dans le village.











Je dois avouer que sans ce mariage, la Pologne aurait sans doute été le dernier pays d'Europe dans lequel je serais allé. Pour moi, la Pologne, c'est les jumeaux fachos, des cathos intégristes, et des moustachus qui cassent du pédé. Samedi, 16h : Cérémonie religieuse. A gauche, la famille de Milena. A droite, celle de Luca. En face, un prêtre avec des lunettes de mafieux. Et pendant une heure, une logorrhée polonaise interminable. Je n'ai rien compris mais je suis sûr qu'il a fustigé l'avortement, le divorce et les juifs. (On est en Pologne, ne l'oubliez pas.)


A l'issue de la cérémonie, on nous fait monter dans un bus et arrivons à 18h dans une sorte de bâtiment à l'architecture improbable. Sans doute détruit pendant la guerre, il a été reconstruit... en moins bien. Le temps d'un brindisi au champagne, et le marié nous livre discrètement un scoop à Andrea et à moi : "Bon, alors voilà : maintenant, c'est fini. Vous n'avez plus qu'à vous asseoir, manger et danser toute la nuit." Hein ?? Commencer le repas de mariage, dès 18h ?


En arrivant à notre table, nous trouvons deux verres. Un pour l'eau, un pour... la vodka. Les verres à vin sont disponibles, mais sur demande. La raison est simple : alors que les polonais considèrent que le vin se boit avec de la viande, la vodka en revanche s'accommode avec tout, comme chacun sait ! Le dîner commence, la tradition étant semble-t-il de manger un peu, puis de danser, avant de revenir à table avec de nouveaux plats. A 21h30, je n'en pouvais déjà plus.






En face, mon voisin de table faisait son show peu réjouissant. Si vous connaissez les stéréotypes d'un italien vu par la France (ils parlent fort, portent des lunettes de soleil la nuit, etc.), peut-être ignorez-vous le regard qu'ils portent sur eux-même quand ils sont en vadrouille. Le rital de base a horreur de la nourriture étrangère, par exemple. Mon voisin d'en face a donc critiqué les plats, de l'entrée au dessert. Mais il a aussi appris des insultes en polonais... qu'il s'est empressé de répéter à la mariée, devant son père. Et je ne parle même pas de ses remarques sur quelques filles... devant sa propre copine. (Un classique.)


Troisième cliché après le prêtre présumé facho et le tour en ville, le mini-orchestre qui assura l'ambiance lors de cette soirée mémorable. Tous moustachus et bedonnants, ils ont joué les plus grands tubes... de Pologne. La preuve en images.





La soirée continue. Arrive le dessert. Conversation surprise entre deux sexagénaires pendant que les autres dansaient :

"-Mais pourquoi à chaque fois les gâteaux de mariage ont toujours une énorme couche de crème ?
- ...
- L'autre gâteau est meilleur au moins ?
- Non"


Vous pensiez que c'était fini ? Pas du tout ! Le concept entrée-plat-dessert est complètement dépassé, donc après le dessert, on a eu droit... à de la viande, encore. Et ainsi de suite. Toujours accompagné de vodka, bien sûr.


A 2h du matin, je me suis dit qu'il était vraiment temps d'aller se coucher. Sauf que, l'alcool aidant, la barrière de la langue s'est estompée, et Tomek nous a invité à sa table. Je me souviens d'avoir jeté un regard interrogatif à Andrea, qui d'un flegme comme rarement les italiens l'ont, me répondit "Que veux-tu ? Ils nous ont invités, on ne peut pas refuser". Je crois que j'ai vraiment touché le fond quand j'ai mangé ma choucroute, un verre de vodka-orange à la main.


Quoi de mieux qu'une conversation avec un mec du cru pour achever brillament cette soirée ? Autour d'un café-vodka, un jeune trentenaire à l'allure d'entrepreneur me parla avec franchise de l'histoire de la Pologne et de sa famille. Les souffrances du nazisme, puis du communisme. Son grand-père, retrouvé pendu. Les jumeaux Kaczinski, les "faces de patates" comme il les surnomme. Cette coalition qui fait son beurre éléctoral sur les blessures du passé. La fracture entre la nouvelle génération et leurs ainés.


Il m'a dit que les jeunes vont devoir attendre de voir mourir leurs grands-parents avant que la situation politique se débloque. D'ici-là, il semblerait que la ligue des familles polonaises (LPR), Autodéfense (Samoobrona), et surtout le PiS (droit et justice) aient encore de beaux jours devant eux. Surtout, il m'a supplié de faire savoir que la Pologne, ce n'est pas que des vieilles en robe à fleurs sur le bord de la route, qu'ils ont internet, et que la relève arrive. Quoi de mieux qu'un blog pour le faire savoir, et tordre le cou aux clichés exposés précédemment ?

Si vous êtes sages, je vous raconterai le dimanche. Ce sera moins long, promis.

28 septembre 2007

Septembre, en attendant la suite.

Youhou !

C'est bientôt octobre, le mois le plus sexy de l'année ! J'en salive d'avance...
Pour une fois dans ma vie, septembre n'a pas rimé avec "je vais me pendre", n'en déplaise à cette famille de Coulogne (62), dont on a retrouvé les corps pendus dans leur véranda. Les médias ont omis de nous préciser s'il s'agissait de Coulogne-sur-mer ou Coulogne-Killancourt. Enfin, peu importe. Les gens du nord ont au moins cette qualité de nous divertir en alimentant régulièrement la chronique de faits-divers sordides. A quelque chose, malheur est bon : je sais enfin à quai sert une véranda dans le Nord-Pas-de-Calais...

Je vous disais que mon mois de septembre s'était mieux déroulé que les précédents : pas d'angoisse de l'été qui s'achève (mon rêve était trop beau, Roch), de la recherche de boulot ou de la solitude. Du coup, même si le temps est pourri aussi à Florence, je ne déprime pas.

Voire je suis heureux ! Pour moi, c'est pas vraiment un problème. Par contre ça risque de devenir un peu chiant pour vous. Pas sûr en effet que mon bonheur soit une source d'inspiration aussi intarissable que mes petits malheurs. Je vais essayer de me faire virer ou de me casser un truc pour vous faire rire, mais je ne vous promets rien. En attendant, quelques photos ?













12 septembre 2007

Nouveau départ

J'ai donc déménagé.

Je n'habite plus Via De Sanctis, dans cet appartement plein sud qui donnait sur l'Arno. Adieu cette belle perspective sur les quais, et ces beaux athlètes qui s'entraînaient en aviron...
















Mais pourquoi ai-je abandonné pareille colocation ? Et bien pour ceci (à regarder avec le volume au max) :




Au bout de dix mois, ça devient franchement insupportable. C'est pourquoi j'ai préféré, moyennant une centaine d'euros en plus, une colocation (ma quatrième) plus calme, plus cosy, plus toscane.
















Oh et puis je ne résiste pas à vous publier également une vidéo de... la terrasse de ce nouvel appart :

23 août 2007

Bougeotte

J'espère que les photos vous ont plu, parce que je vais vous en présenter d'autres.
Non qu'elles soient particulièrement belles. Mais comme ces vacances furent courtes et variées, elles méritent d'être illustrées.


Comme vous l'avez vu sur les photos précédentes, les vacances ont commencé sur l'archipel de la Maddalena, au nord-ouest de la Sardaigne. Souvenez-vous de ce nom, il sera bientôt associé à un sommet et des manifs spectaculaires d'altermondialistes : c'est sur cet archipel que sera organisé en 2009 le prochain G8. C'est du reste assez intelligent de la part du gouvernement italien : l'endroit est difficile d'accès, les contrôles seront facilités, les infrastructures déjà prêtes (les ricains y ont fermé une base il y a un an à peine). Ca promet quand même de belles courses de Zodiac.



Elles se sont terminées (les vacances, pas les courses de Zodiac) par un petit périple en amoureux sur la frontière franco-italienne, et plus précisément à Tende, dans l'arrière-pays niçois. A ceux qui pensaient que les frontières de la France n'avaient pas changé depuis 1919 et le traité de Versailles, je voudrais ici apporter un démenti formel : en visitant cette page, vous découvrirez que les frontières françaises ont la bougeotte. La dernière modificaton date de juillet 2006 !



Tout ça pour vous dire que Tende est un ancien village italien devenu français... en 1947. Nous y sommes arrivés par une voie de chemin de fer passant de part et d'autre de la frontière, et, en commandant des hors d'oeuvres au restaurant, il y avait certes des cornichons et du beurre, mais aussi de la charcuterie piémontaise. Plutôt amusant, quand on est un couple binational, d'aller dans un endroit pareil.

En fait, j'ai passé d'excellents moments avec Enrico. Ça fait quelques temps que je m'interdis d'évoquer le plaisir que j'ai de partager ma vie avec lui, tout simplement parce que je n'arrive pas à trouver les mots. Comment vous en faire part sans tomber dans une mièvrerie ringarde ? Je n'ai pas encore trouvé. Contentez-vous donc d'un "Avec lui, tout est simple", "Il me donne l'impression que l'on construit quelque chose à deux." ou même d'un "lol tro mignon lol". Bref, si je passe Enrico sous silence, c'est pas parce que ça va mal (sinon vous le sauriez déjà), mais plutôt parce que ça va bien.



Last but not least, je prépare depuis deux semaines mon déménagement. J'ai visité plusieurs apparts, et j'en ai trouvé un avant-hier particulièrement sexy. Je vais continuer à en visiter encore quelques-uns, mais mon choix est quasiment fait. A suivre...

21 août 2007

Quelques photos de vacances


Ma nièce, Zoé, à travers le hublot.




Une journée à la Maddalena, un archipel au nord-est de la Sardaigne.




Vue du village de Girolata, côte ouest de la Corse. Ce village n'est accessible que par la mer.





La plage de Girolata, avec ses grosses vaches et ses bovidés.





Vitrine d'un institut de beauté à St-Tropez (Var).

27 juillet 2007

Fermeture estivale
























Voilà. Demain je me casse de Florence pour quinze jours. En Corse, puis sur la Côte d'Azur.

L'illustration ci dessus est censée me représenter dans l'univers des Simpsons. Un site, assez extraordinaire, permet cette expérience fort amusante.

On se reblogue à la mi-août ?

16 juillet 2007

Nouvel accident... capillaire cette fois



















Un moment d'inattention. J'étais en train de me raser les cheveux avec une tondeuse, quand je décidai de nettoyer le sabot, réglé sur 9 millimètres. Une fois l'instrument lavé, je repris la tonte... sans le sabot. Résultat : des cheveux coupés très très court.

06 juillet 2007

La sélection du jour

Je continue de vous dénicher des articles intéressants et aujourd'hui je vous propose celui-ci : le récit d'Isabelle Dinoire, la première greffée du visage. Cette femme a rencontré la journaliste Annick Cojean et lui a livré son témoignage extraordinaire avec beaucoup d'intelligence. Morceaux choisis :

"C'est la chirurgienne qui m'en a parlé la première. "Cela ne s'est encore jamais fait au monde ; tu serais donc la première. Mais nous pensons être prêts. Il faudrait une donneuse." Une donneuse... Une autre femme. Qui me donnerait ce truc qui fonde tellement notre identité, le lieu de toutes les expressions. Une autre femme qui mourrait. Quelle famille accepterait un tel geste ? Quels parents ?"

En parlant de l'attente d'un don d'organe compatible, elle explique :
"Ca a duré deux mois. Et puis le 27 novembre 2005, à 6 heures du soir, le téléphone a sonné. Sur l'écran, j'ai lu : Hôpital d'Amiens. J'ai dit à ma mère : 'C'est l'hôpital.' On s'est regardées en silence. Au bout de la ligne, l'infirmière m'annonçait qu'il y avait une donneuse et que je devais arriver au plus vite. J'ai foncé chez moi, ramassé mes affaires, et appelé le taxi. Une heure et demie de course pendant laquelle tout passait par ma tête : excitation, anxiété, joie..."

"Avant même l'opération, on m'avait fait passer des tas d'IRM en me donnant l'instruction de simuler des bisous. C'était étrange de le faire sans lèvres, un sacré exercice de concentration, mais ça permettait de déceler dans le cerveau la zone qui s'activait alors et d'entretenir la mémoire du geste et des lèvres."

J'arrête le copier-coller, et vous laisse découvrir ce récit dans son intégralité.

30 juin 2007

LE fait-divers de l'année...

Vous n'ignorez pas que j'ai vécu mon premier quart de siècle dans le plus beau quartier de Paris : le XVe arrondissement. Combien de souvenirs se bousculent dans mon esprit quand je repense à la rue Violet, à l'école primaire Fondary, au bus 70, à la place Charles-Michel, à la rue des Entrepreneurs...

Habiter dans une ville comme Paris n'incline pas à la vie de quartier : "On peut y vivre et y mourir sans que personne ne s'en aperçoive" disait le poète (je suis incapable de trouver la citation exacte, ni son auteur). Moins poétique, mais tout aussi révélateur, le 19-20 Ile-de-France fait depuis des lustres une audience inférieure à ses homologues régionaux.

Le parisien n'a donc pas un amour immodéré pour le fait-divers local. Pour cela, il faudrait connaître ses voisins, participer à la vie de quartier... Pas tellement répandu dans une ville de deux millions d'habitants.

Mais voilà qu'arrive le parfait scoop dans ce paisible quartier : le onze mai dernier, la Française des Jeux annonce qu'une grille gagnante a été validée dans un bar-tabac de la rue des Entrepreneurs. Mieux : DEUX grilles gagnantes ! Un fait rarissime, qui s'est déroulé à 50m de mon ancien chez-moi ! Laissez-moi vous narrer, moi qui ai épluché pour vous toute la presse sur cet événement majeur, le déroulement chronologique des faits.

Que s'est-il passé ? Un comptable de 30 ans habitant le quartier jouait toujours les mêmes numéros, si bien qu'il avait pris l'habitude d'appeler directement les gérants du bar pour qu'ils jouent à sa place. Trois jours après le tirage, le lundi 14 mai, il vient vérifier s'il a gagné. Ce dernier, avec un sang-froid indéniable, abuse le joueur et lui dit qu'il a une nouvelle fois perdu. Il garde en revanche précieusement les deux billets gagnants, comme le rapporte cet article du Figaro.

Comme le couple de buralistes sait qu'il est dans une position douteuse, il fait appel à un autre habitué, qui vit de petits boulots. Ce sera lui qui encaissera le chèque de la Française des Jeux, moyennant une commission de... 5%. Bon, ok, ca fait déjà près de deux millions d'euros, mais personnellement, vu le risque encouru, j'aurai demandé plus. Le complice en question se fait donc passer pour le gagnant. Et reçoit donc la somme sur son compte en banque. Ce mec-là a donc eu trente-cinq millions d'euros sur son compte en banque.

Deux problèmes, cependant : il a éveillé les soupçons de son banquier en voulant trois jours plus tard faire quelques virements, et surtout la combinaison gagnante continuait d'être jouée au même tabac de la rue des Entrepreneurs. Quelques jours d'enquête, et les flics passent à l'action. Ce sont eux qui arrêtent le vrai gagnant et qui lui annoncent la bonne nouvelle. L'heureuse victime en aurait fait un malaise cardiaque. On le comprend. Les patrons et leur infortuné complice ont quant à eux été mis en examen. Ils ont avoué.

Questions : que serait-il arrivé si le couple n'avait rien dit ? Si le client avait l'habitude d'appeler les buralistes pour qu'ils jouent "à sa place", qui est réellement propriétaire du reçu de jeu ? Le fait qu'un habitué continue de jouer les numéros gagnants après le tirage du onze mai constitue une preuve suffisante au regard de la loi ? Bref, s'ils n'avaient pas avoué, c'était plaidable. Selon moi. Et c'est un spécialiste du droit qui vous le dit.

23 juin 2007

PARCHEGGIO DIFFICILE

Voici un exemple de passe-temps entre romains.

20 juin 2007

C'est toujours l'heure des infos

Pour la première fois depuis mes 18 ans, je n'ai pas voté au premier tour des législatives. Je n'avais raté aucun scrutin depuis la dissolution de 1997 (qui m'avait permis de voter à l'âge de 18 ans et un mois). Je m'étais tout tapé : régionales 98 , européennes 99, référendum sur le quinquennat en 2000 (peu l'ont fait celui-là !), municipales de 2001. J'achève mes dépucelages électoraux quand je dépose mon bulletin au premier tour des présidentielles de 2002, un certain 21 avril. On connaît la suite : législatives en 2002, re-européennes et re-régionales en 2004, traité constitutionnel en 2005. Ce qui fait... seize allers-retours au bureau de vote (bon courage pour recompter, il y a plein de chausse-trappes.)

Et voilà qu'en arrivant à mon bureau de vote, mon mandataire se voit refuser l'entrée par le président de salle. Motif : à coté de mon nom sur la liste d'émargement, aucune trace d'une procuration. Il ne peut voter en mes lieu et place.

Bon, j'en n'ai pas fait un fromage, mais je me suis quand même fendu d'un coup de fil à la mairie du XXe. Le tribunal d'instance, puis le bureau des élections. Mon interlocutrice ne s'est pas démontée et, constatant la régularité de ma procuration, conclut par un "tout va bien". Tout va bien, sauf que j'ai pas pu voter dimanche, crétine. En fait cette conne (ou une de ses collègues) avait enregistré ma procuration pour les présidentielles, et non pour les législatives. Au second tour, tout s'est arrangé.

Mais c'est pas du tout de ça dont je voulais vous parler. Au début du mois, France Info a fêté ses vingt ans. L'occasion idéale pour célébrer les gros bonnets de la station, ces voix et ces noms que nous avons entendus des milliers de fois... et que nous oublions aussitôt. Vous en doutez ? Alors dites-moi un peu : De quelle chronique s'occupe Frédéric Beniada ? Qui présente la météo ? Dominique Lorioud est un homme ou une femme ? Comment auriez-vous écrit "Armand Peyrou-Lauga" ? (les réponses sont "Les chroniques du ciel", Joël Collado, un homme, comme ça)

Depuis des temps immémoriaux, je fais partie des auditeurs qui entendent plus qu'ils n'écoutent France-Info. Ce qui permet de supporter plusieurs heures non-stop ce flot de paroles. Généralement, je m'arrête quand le reportage de 9h17 repasse à 16h26. C'est comme si j'entendais une voix qui me disait "Maintenant arrête, ou tu vas devenir fou". Jusqu'à présent, je n'ai jamais tenté de repousser cet instinct de survie. Ceux qui l'ont fait sont sans doute en maison de repos.

Je m'égare. En fait, je voulais ici remercier quelques membres de l'équipe qui, selon moi, sortent du lot. Je pense à Gérald Roux, l'auteur de la chronique "Info-musique", vraiment réussie de par son éclectisme et son rythme. Frédéric Charles a également mes faveurs. Moins pour ses reportages sur le pays du soleil levant que pour son délicieux accent nippon et sa manière d'articuler chaque syllabe. Côté accent, Pierre-Yves Dugua, qui présente "la bourse à Wall Street" n'est pas mal non plus. Je n'oublie pas Michel. Michel Ravelet bien sûr, sa chronique "le droit et vous", et ses explications sur les récentes jurisprudences. passionnant (si, si). Bon j'en oublie plein, mais je tenais à faire un gros bisou à Jérôme Colombain, François Beaudonnet, Frédérick Gersal, et tant d'autres.

Ce billet ne serait pas tout à fait complet si je n'évoquais pas également les ringards de France-Info. Connaissez-vous François De Witt ? Il semble inamovible avec "Question d'argent", sa chronique ennuyeuse à mourir, parrainée par un journal que PERSONNE n'a jamais vu en kiosque. (avez-vous déjà vu quelqu'un demander le magazine "Mieux vivre votre argent" ?) Parmi les noms de chroniques ridicules, notons "C'est en France, c'est en Europe", "Le droit des loisirs", "7 jours à Metz", "Statues en liberté", "Les jardins dans l'histoire" et, bien sûr, "L'agenda des chineurs".

Voilà voilà... Sinon, je vais plutôt bien. Un peu intoxiqué par France-Info, mais ça va. En fait, c'était ma seule source d'information en direct pendant les législatives. Mais bon, maintenant c'est fini. Si je ne devais retenir qu'une seule chose de ces derniers jours d'info non-stop, c'est cette merveilleuse réponse du maire de Bordeaux à un journaliste qui lui demandait comment il allait : "Ce que vous voulez, c'est que j'aille très très mal, c'est cela qui vous exciterait. Si je pouvais crever, vous seriez contents."

Le prochain qui me demande comment je vais, je lui répond ça !

04 juin 2007

Un week-end très café-café

Il est des jours où il ne se passe rien, des jours qui ressemblent étrangement à ceux qui les ont précédés, des jours où aucun sentiment ne semble prévaloir, hormis celui de détester ses voisins, ses collègues, le conducteur de la voiture devant soi qui avance à 20km/h.

Et puis il y a les autres. Tenez par exemple : jeudi dernier, 17h. Je quitte le boulot un peu plus tôt pour me rendre à l'aéroport de Pise avec Enrico. Direction Orly, arrivée à 22h30. Nous passons la soirée et la nuit chez Andrea (mon ex-coloc de Trieste, NDLR). Déjà, on est à un niveau assez élevé de cocasserie : un français résidant en Italie hébergé par un pote italien résidant en France, c'est cocasse, admettez-le.

Se retrouver avec des potes de lycée, les fameux "vraisamis", le lendemain à 11h pour charger du matos de soirée à Bastille, c'est peut-être moins cocasse, mais tout aussi divertissant... D'autant que ma journée a continué avec un montage de tente de 27m2 dans un jardin près de Provins (77). Et a fini dans un jacuzzi format familial (6 places). Mon seul petit souci de la journée est survenu au moment du rhabillage : un jacuzzi qui déborde, des vêtements posés à même le sol juste à côté, et me voilà contraint de passer la fin de soirée en boxer-blouson de cuir, combinaison jusque-là inédite en ce qui me concerne.

Le lendemain, c'est une autre tenue, tout aussi inhabituelle, que j'ai portée. costume, chemise, cravate, rasage, sent-bon. 14h : je conduis un homme vêtu du même accoutrement à la mairie de Guérard (77). Une ravissante blonde en robe blanche l'attend. Mon mec, mes parents, et plein d'amis (et de lecteurs) sont présents. Je laisse échapper une larme quand l'adjoint au maire lui demande "Stanislas Noël, voulez-vous prendre pour épouse Camille Mélanie Denis ici présente ?" Deux amis de dix ans. vingt ans d'amitié qui se disent oui.

La journée continue dans un beau domaine ensoleillé. On dîne. La pression monte. On prépare une surprise depuis un bon bout de temps, avec les témoins et garçons d'honneur. Vous savez, ces présentations powerpoint un brin surfaites, pleines de références obscures pour la majorité de l'auditoire, parfois trash ou maladroites, mais le plus souvent ennuyeuses. Voilà. C'est à cet exercice que nous avons dû nous plier.

Présenté comme ça, ça ne donne pas envie. Et pourtant, non seulement ça a été un kif absolu de le préparer, mais en plus ça a eu son petit succès, je crois. En voici un extrait.



Le mariage se poursuit le lendemain sous la tente montée l'avant-veille. Barbecue avec une centaine de personnes dans le jardin. Au soleil. Avec des enfants qui courent sur la pelouse. Des batailles d'eau. Des cadeaux. Et on se quitte déjà, n'en revenant toujours pas : Stan et Camille sont mari et femme.

Je vous épargne le tragique contretemps d'une smart qui refuse de démarrer à cause d'une pile au lithium déchargée. Trois heures de perdu. Et l'apéro avec Andrea saute.

Dimanche soir, autre ambiance, même plaisir. Dîner chez mon frère avec la famille au grand complet. Pour la première fois, les trois enfants sont avec leur conjoints. Ma soeur et son copain visitent des maisons, ma belle-soeur est radieuse, mon frère nous montre sa dernière invention : la nouvelle sonnette de l'entrée, réalisée avec une boîte à musique et des Lego® Technic. Une construction impossible à décrire ici, retenez juste que mon frère est un génie.

Déjà lundi. Enrico et moi petit-déjeunons avec mes parents. Ma mère m'accompagne à l'aéroport. Nous repartons en Italie. A Pise, sur la FI-PI-LI, la voiture de devant avance à 20km/h, mais cette-fois ci, on se dit que c'est pas grave.

31 mai 2007

Des énergies libérées

Quelques médias l'ont rappelé avant-hier : les marchés du gaz et de l'électricité seront totalement ouverts à la concurrence le premier juillet prochain. Totalement ! Un modèle de concurrence pure et parfaite, en somme.

Ou presque. En fait, il y a deux bémols. d'abord les tarifs des opérateurs historiques (EDF et Gaz de France) resteront "réglementés", fixés par décret, et donc sensiblement inférieurs au prix du marché. D'autre part, le choix du consommateur sera irréversible !

On vient d'inventer la concurrence irréversible. Vous imaginez le rêve pour une entreprise ? Etre assuré d'un nombre de clients chaque mois égal ou supérieur au mois précédent. Voilà la solution : interdire la résiliation ! Avec une telle mesure, on obligera les entreprises à faire du profit.
Alors certes, les gens continueront tout au long de leur vie à recevoir chez eux leur Okapi, Astrapi, voire Popi pour les plus jeunes.
Certes, ils garderont leur abonnement au gymnase club, même en cas de tétraplégie.
Certes, ils resteront abonnés à vie au PSG même quand ce dernier évoluera en CFA.
Mais honnêtement, si la croissance à deux chiffres est à ce prix, le jeu n'en vaut-il pas la chandelle ?

25 mai 2007

Mensonges


















Je vous ai menti. Dans mon billet précédent. Je n'ai pas pris mes billets d'avion au dernier moment, mais depuis trois mois. Et je n'ai pas passé le week-end à Paris, mais à Barcelone.






En fait, pour l'enterrement de vie de garçon de Stanislas, nous avons organisé ce petit week-end en Catalogne. Je ne pouvais pas en parler, c'était une SURPRISE. J'ai donc menti. Pire : j'ai utilisé mon blog destiné à la communauté de mes proches au service d'un seul. Aujourd'hui j'implore votre pardon.









Comme ces images l'attestent, nous nous sommes bien amusés.










Et puis dimanche soir, ils ont tous pris l'avion pour Paris. Sauf moi qui suis reparti à Florence.






Ces derniers temps, il m'a été difficile de suivre l'actualité, et a fortiori de la commenter. Passation de pouvoir, nomination du premier ministre, formation du gouvernement : j'ai une oreillette branchée au boulot en permanence sur France Info. Comme je n'ai toujours pas d'appareil photo en état de marche, je vous offre cette photo ci-contre. Elle semble enfin clore le protocole républicain. Maintenant on en est sûrs, Nicolas est Président. Après la génération Steevy, la génération Sarkozy. Quand je pense que ma nièce va voir cette photo dans le préau de son école ces cinq prochaines années...

08 mai 2007

Soyons corporate


Ceux qui s'attendaient à un billet politique peuvent aller se brosser.

Je vais plutôt vous parler de mon travail, puisque personne n'a vraiment compris ce que je faisais.

Dans la boîte, je suis, sans vouloir me vanter, le spécialiste de la livraison. Le prince du transport de mètre cube. Bref, le roi de la palette. Et je peux vous dire que les échos sur mon professionalisme et ma rigueur se sont vite répandus dans le service. Voire jusqu'à l'étage.

Vous savez pourquoi ? Je vous donne mon truc : je prépare mes chargements de palettes comme des numéros d'un grand spectacle de cabaret. Ca me force à être meilleur. Le meilleur. Parce que tout doit être réglé au millimètre et à la seconde près.

C'est comme au Lido : Si tes bluebell arrivent avec trois secondes de retard, c'est tout le reste du spectacle qui est niqué. Et bien pour nos cartons de nains de jardin lumineux ou nos palettes de déodorants pour les pieds, c'est pareil. C'est ce que j'appelle la magie de la logistique.

Quand je reçois le fax d'un fournisseur qui m'annonce que les palettes sont prêtes, j'ai une montée d'adrénaline, un peu comme quand on a le trac avant de monter sur la scène d'un karaoké : je sais que c'est à moi de jouer maintenant, qu'il va falloir tout faire pour que "The show must go on". Parce que dans ce métier, t'as pas le droit à l'erreur. Il faut tout vérifier. Le nombre de palettes, l'adresse, les horaires de retrait. Perso, je le fais jusqu'à trois fois par jour. Mais j'ai un défaut : j'aime la perfection. Question de mentalité...

Une fois que j'ai bien vérifié mes infos, et qu'elles se recoupent, je rentre les données sur mon decision maker helping process (une feuille Excel que j'ai bidouillée). Et parmi nos six transporteurs-partenaires, un seul sera choisi. Parce qu'il est le meilleur pour tel nombre de palettes venant de telle ville d'Europe.

C'est un des avantages de ce métier : dans sa tête, on voyage. Énormément. Rien que les noms sont évocateurs : la ville de Fourmies par exemple, dans le Nord-Pas-de-Calais. Ou bien Wurzburg, "le bourg de la saucisse". Ou Großkarolinenfeld, "le champ de la grosse Caroline".

Et puis il y a bien sûr l'arrivée à l'entrepôt. L'apothéose de mon travail. Le sentiment du devoir accompli. Presque une victoire. Une victoire généreuse. Car vous le savez, "Une victoire n'est belle que si elle généreuse".


Je devrais être à Paris ce week-end, mais je vais bien avoir du mal à vous voir cher public de moins en moins nombreux. "Devrais", parce que j'ai pas encore pris les billets (oui je sais c'est nul), et "mal à vous voir" parce que j'enterrerai la vie de garçon d'un ami cher.

Le programme est chargé, mais je ne peux pas vous en dire plus : il me lit, l'enfoiré ! Le seul indice que je donnerai est que nous avons pris l'expression "enterrement" au pied de la lettre... Qu'il se débrouille avec ça !

02 mai 2007

Un an et un jour





















Cela fait un an et un jour que je suis arrivé à Florence.

Bon, je ne vais pas être le seul blog qui ne va pas parler du débat Sarko/Royal d'aujourd'hui. Mais je vais faire le service minimum, puisque d'autres le feront bien que mieux moi dès demain. Seule anecdote : sur le JT de la RAI, ils disent que si les états-majors ont décidé de faire le débat assis, c'était pour ne pas montrer que Sarkozy est plus petit que Royal.

Pas de photos (mon appareil est en réparation), pas d'histoire sympa à vous raconter(je consacre tout mon temps libre à la lecture des journaux, visionnage de tous les JT, écoute en continu de France Info). En guise d'illustration, voici une capture d'écran du dimanche 22 avril. Les six fenêtres correspondent aux QG des 4 grands candidats, plus TF1 et LCI.

22 avril 2007

Même pas peur...


Vu l'audience confidentielle de ce blog,

vu que je suis sur le sol italien,

vu mes sources (ni plus ni moins le QG du PS),

Je suis en mesure de vous annoncer qu'il n'y aura pas de surprise pour le second tour...

De toute façon, personne ne consultera ce site d'ici une demi-heure...

17 avril 2007

Présidentielles 2007 : mes pronostics du premier tour


Sarkozy : 27%
Royal : 23%
Bayrou : 18%
Le Pen : 16%
Besancenot : 5%
Buffet : 3%
Villiers : 2%
Nihous : 1,5%
Voynet : 1.5%
Laguiller : 1,5%
Bové : 1%
Schivardi : 0,5%

C'est le petit jeu auquel je me livre avant chaque premier tour depuis 1995. Avec plus ou moins de succès bien sûr.
Outre ce premier tour, des dates symboliques plus perso s'approchent : mes 28 ans, le premier anniversaire de mon arrivée sur le sol toscan, mes un an avec Enrico...
Ma clavicule se consolide, j'écris de nouveau avec deux mains, et ma souris est repassée à droite.
Mon appart devient une auberge qui accueille chaque semaine des amis en RTT, à ma grande joie. Le week-end dernier, je recevais Cédric et Éléonore ; le week-end précédent, c'était Julia. Pas ou peu de photos cependant, puisque mon appareil est hors service.
Revenez la semaine prochaine, pour le récit passionnant d'un vote au consulat de France de Florence !

31 mars 2007

Récit d'un accident (4)

Suite et fin de cette épouvantable aventure qui a commencé il y a un mois. Comme d'habitude, si vous n'avez pas lu le début de l'histoire, reportez-vous au(x) post(s) précédent(s) ci-dessous !


Pour ceux qui ont mieux à faire, je leur propose un résumé : je me pète la clavicule le 2 mars, et une semaine plus tard, par un concours de circonstances des plus cocasses, je me retrouve à Paris.

Ma première visite a été pour le médecin, qui me prescrit une radiographie (la dixième en une semaine). Et après examen, il me livre son jugement :



"Vous connaissez l'histoire de l'homme de Cro-Magnon ?

"Un jour, l'homme de Cro-Magnon vint voir le sage parce qu'il s'était fait mal à la clavicule, un peu comme vous. Le sage lui intima alors l'ordre de rester se reposer dans la grotte.

"Quand, après quelques semaines, le convalescent commenca à peloter les femmes de la tribu, le sage lui autorisa à aller faire la cueillette dans les environs.

"Au bout d'un mois, quand le sage le vit sauter d'arbre en arbre, il déclara le patient guéri"

Moralité : il ne sert à rien d'opérer, une grotte et un peu de cueillette suffisent. J'ai quand même vérifié si je n'avais pas affaire à un pédiatre, mais non. C'était bien un orthopédiste. Qui m'a juste parlé comme si j'avais huit ans. D'ailleurs, ça a bien marché : j'ai tout retenu, et je le publie même sur mon blog.



















Et bien voilà. La passionante histoire de ma clavicule s'achève, et ça tombe bien parce ca commençait à me les briser de vous écrire tout ça avec ma main gauche.

Alors malgré tout, sachez que pendant ces quelques jours parisiens :

J'ai aidé Boupi à boucher les trous de son nouvel appart Rue Dauphine (première photo),

J'ai fait ma procuration pour les législatives. Je n'ai pas jugé nécessaire d'illustrer ce point par une photo de l'antenne du tribunal d'instance de la mairie du XXe. C'est un choix éditorial que j'assume, vos critiques et insultes sont les bienvenues dans les commentaires.

Enrico m'a rejoint, nous avons visité la Villa Savoye de Poissy, conçue par le Corbusier (deuxième photo),




















Enfin, nous sommes rentré par le très romantique train de nuit Paris-Rome, où nous nous sommes même offert le dîner dans le wagon-restaurant. Un vieux rêve que j'ai toujours voulu réaliser...

























...rêve partagé par Enrico...









...malgré un menu qui n'était pas sans me rappeler de merveilleux souvenirs de repas hospitaliers.





24 mars 2007

Récit d'un accident (3)

Si vous n'avez pas lu le début de l'histoire, reportez-vous au post précédent ci-dessous !

On me mit d'abord une sorte d'énorme attelle en mousse qui ressemblait à des protections de footballeur américain. Une petite radiographie pour voir si ça collait, et là...

...Ca colle pas. On discute, on observe. Puis on essaie autre chose. Une bande collante que l'on m'applique sur toute l'épaule. Nouvelle radiographie. Même résultat : la consolidation ne semble pas possible avec de tels instruments. L'interne se dirige alors vers la pièce à côté pour montrer les radios au médecin-chef.

C'est alors que j'entends une belle engueulade. "Mais qu'est-ce que tu as fait ? Je te le dis pour la dernière fois : devant un tel type de fracture, on ne met JAMAIS de bande collante. Soit c'est l'attelle en mousse, soit c'est l'opération. Compris ?"

Pas vraiment rassuré, je remonte dans ma chambre, comprenant bien que cette fois-ci, l'opération est inéluctable.

Oui mais quand ? La fracture a déjà une semaine ou presque. C'est pas un peu tard ? En tout cas, ça se fera avant la fin de la semaine. S'ils m'ont gardé, c'est bien pour m'opérer. Rapidement. Il y va de leur intérêt. Jeudi, surprise : je m'attendais à un "vous serez opéré demain", j'ai un "pas avant la semaine prochaine." Arf ! Mon père, qui entre temps était venu me voir, me propose alors de rentrer à Paris. Avec un cousin directeur de clinique qui pouvait me garantir un rendez-vous rapide avec un orthopédiste, le choix était vite fait. Je quittai le Centre Traumato-Orthopédique de Florence avec la nette impression d'avoir perdu mon temps... et gaspillé l'argent de la sécu. Qu'y puis-je ? un train de nuit plus tard, nous étions à la gare de Bercy vendredi 9 au matin...

22 mars 2007

Récit d'un accident (2)

Si vous n'avez pas lu le début de l'histoire, reportez-vous au post précédent ci-dessous !







Après cette annonce du médecin, on me fit monter au 6e étage pour une inscription. Juste le temps de voir un peu le planning pour prévoir l'opération ces prochains jours. Du moins c'est ce que je croyais. Jusqu'à ce que l'infirmière me dise "Vous pouvez vous rendre chambre 632." Comment ? Je rentre à l'hôpital dès maintenant ? Jamais depuis mon entrée à l'ISC je n'avais été aussi peu enthousiaste d'être "admis". Je passais donc samedi soir ma première nuit à l'hôpital, me sentant bien seul et loin de mes proches.

Curieusement, la journée de Dimanche fut très agréable. Jugez-en par ce panorama ci-dessus : c'est la vue de ma chambre. Balcon plein sud avec vue sur une villa florentine. Des potes, colocs et connaissances sont venus me rendre visite, et j'avais déjà quelques anecdotes à leur raconter.

D'abord l'histoire de ce médecin qui est entré un peu trop vite dans la salle d'examen par des portes façon saloon, et qui a manqué de me détruire mon épaule endommagée. Je m'écarte, il m'évite, mais ce con ne trouve rien d'autre que me faire, tout souriant, une tape amicale... sur l'épaule bien sûr.

Il y eut aussi cette première nuit où un petit vieux dans la chambre d'à côté réclamait dans son sommeil d'une voix lancinante sa "Mamma !... Mammaaa !...". Quelques heures plus tard, une infirmière me fit une prise de sang à 6h du matin en s'excusant de me réveiller aussi tôt. Elle ajouta un truc du genre "En plus j'ai pas les yeux en face des trous, je suis épuisée !" Rassurant.

Parmi les visites dominicales, j'eus droit au prêtre ci-contre qui confessa mes deux voisins de chambre. C'est aussi ça, l'Italie. Des crucifix un peu partout et des bondieuseries en-veux-tu en-voilà.

Lundi matin, un médecin vétéran m'examine, entouré d'une dizaine d'étudiants. Son diagnostic semble mitigé. Est-il vraiment nécessaire d'opérer ? Il demande qu'on mette un point d'interrogation sur mon dossier. Ah ? Bon.

Et puis arrive mardi 6. Déjà trois nuits d'hôpital où j'attends d'être pris en charge, et ce d'autant plus impatiemment que je ne ressens que très peu de douleur, et me sens plutôt valide. Enfin m'arrive par téléphone une bonne nouvelle.

J'avais eu la bonne idée de faire des photos des radiographies, qu'Enrico a envoyé à deux médecins en France. Et c'est mardi que j'obtins une première réponse : Selon l'un d'eux, il n'était pas nécessaire d'opérer. Mon frère, ma soeur m'ont tour à tour appelé, me confiant combien ils étaient rassurés d'une telle perspective. Moi aussi ! Un peu de repos et j'espérais bien vite continuer mon tout nouveau job. Quand j'avais appelé ma boîte la veille, je ne faisais pas le fier. Ils me connaissaient depuis seulement sept jours et j'étais déjà indisponible. Pas très professionnel tout ça...




Je m'endormis donc mardi soir avec la certitude que cette nuit serait ma dernière à l'hôpital. De fait, le lendemain, je fis comprendre au corps médical présent que s'ils hésitaient entre m'opérer ou non, je préférais qu'ils ne m'opèrent pas. On me fit alors descendre au rez-de-chaussée pour me poser une sorte t'attelle. J'eus alors le sentiment que la sortie était proche...