14 décembre 2006

A la mi-décembre

A peine ai-je eu le temps de m'installer que je dois rentrer à Paris pour le sacro-saint réveillon de Noël. Que sera le bilan de ce premier mois à Florence ? Un entretien d'embauche, quelques CV laissés à droite à gauche dans des boutiques et hôtels du centre historique, des dettes auprès de la police municipale de Florence (126 € jusqu'à présent, envoyez vos dons), une chambre mal rangée (ci-contre), et la recette d'un merveilleux gâteau que je tiens d'un certain Matteo, hollandais de passage. Maigre résultat... Et pourtant, je ne regrette pas mon départ. Mon but pour 2006 était de me trouver un boulot pour quand je serai grand. Même si pour le moment, c'est raté (Il me reste deux semaines, rien n'est perdu), je vis au moins une belle histoire d'amûr, et ça c'est beau. N'empêche : en 2007, je trouve ma voie.


D'autant que ça commence à se voir : lors de l'entretien qui s'est déroulé ce matin, et concernait un poste logistique dans un centre de congrès, mon interlocuteur m'a justement demandé ce que je voulais faire plus tard, quand je serai grand. Diantre ! Avait-il appelé mon école, ma famille, mes amis ? En fait, rien de tout cela, il m'a expliqué qu'il s'était réorienté à l'âge de 50 ans. Ensuite il m'a demandé le motif de ma présence sur le sol italien. J'ai évoqué, sans trop de détails, mes raisons sentimentales. Il m'a répondu, le sourire aux lèvres : "Ah ! Je comprends, j'ai deux fils qui ont vôtre âge". J'aime bien les gens qui croient tout comprendre alors qu'en fait non.


Je suis heureux de vous annoncer que les dimanches 22 avril et 6 mai prochain, je voterai au consulat honoraire de France à Florence. Je suis inscrit depuis hier au registre des français à l'étranger. Charme de la diplomatie, j'irai voter avec ma carte d'immatriculation consulaire. Elle permet, d'après la notice explicative du consulat, de " prouver aux autorités locales que [je suis] placé sous la protection française ". Mazette ! En cas de conflit franco-italien sur la souveraineté de Nice et de la Savoie, je sais où trouver refuge.


Savez vous que la France n'a pas le monopole des abbayes cisterciennes ? Oh, je vois arriver : " Il y va un peu fort, le Benji avec ses affirmations à l'emporte-pièce " ou bien " C'est invraisemblable. Comment cette branche monastique issue de l'abbaye bénédictine de la paisible bourgade de Cîteaux, fondée par Robert de Molesmes en 1098 aurait-elle pu connaître un tel essor en Europe ? " ou encore " Mais quelle HONTE d'écrire pareilles ABSURDITÉS : c'est CONSTERNANT, M*RDE ". Et pourtant, je me suis rendu dimanche dernier à San Galgano, où l'on peut découvrir les ruines de l'abbaye cistercienne éponyme, construite entre 1224 et 1288.



Cette belle visite, effectuée en compagnie d'Enrico, s'est poursuivie à Petriolo et ses sources d'eau chaude. De larges vasques naturelles offrent au visiteur une eau qui serait sans doute conseillée pour l'alimentation des nourrissons si elle n'était saturée de dioxyde de soufre - comprenez " ça puait l'œuf pourri ". Un apéritif sur la Piazza del Campo à Sienne a agréablement conclut cette promenade dominicale.



J'avais peur de rater quelque événement de grande importance en France, mais le survol récent des sites internet des grands quotidiens nationaux d'information et l'écoute en ligne occasionnelle d'une radio publique d'information en continu a apaisé ma crainte. Faits-divers, faits-divers, faits-divers. La trêve des confiseurs commence de plus en plus tôt, me semble-t-il. N'hésitez pas à porter à ma connaissance des faits majeurs qui m'aurait échappés. Comme le juste refus de la cour de cassation de rouvrir le procès de ce salaud de Seznec par exemple ! Où cette tribune injustement fermée au Parc des Princes pendant le match PSG-Palatinaikos.

3 commentaires:

  1. Simon Coly11:49

    As tu déjà vu une chambre mal rangé? je me le demande... Passes donc par chez moi, tu ne seras pas déçu... En tout cas, je suis heureux de voir que tu es un puit sans fond de connaissance au sujet des abbayes cisterciennes... Une vocation ignorée??? Passes donc par chez moi, tu ne seras pas déçu...Joyeux Noël et bonne année!

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  2. Germaine de Saint André17:11

    Pour compléter l'audacieux et perspicace commentaire de Monsieur Simon Coly, je parlerai un peu de la spécificité de l'ORGANISATION DE L'ESPACE DANS UNE ABBAYE:

    Les abbayes adoptent tous la même disposition, pour permettre aux moines d'y vivre en parfait accord avec la règle de saint Benoît. L'entrée principale de l'abbaye se fait par la porterie aménagée en bordure de l'enceinte monastique et gardée par un frère. Conjointe à la porterie l'hôtellerie est destinée à l'accueil des hôtes. Les bâtiments réguliers s'organisent autour du préau, cette cour, intérieure, généralement carrée, ouverte sur le ciel, apparaît, comme le symbole de la Jérusalem céleste. Lieu de méditation et de recueillement, la parole y est interdite. Tout autour, courent les galeries du cloître. L'église ou oratoire occupe indifféremment l'aile méridionale ou septentrionale. C'est dans la galerie jouxtant l'église qu'a lieu, en fin de journée, la "collatio", lecture communautaire précédent les complies, et le samedi la cérémonie des pieds.
    A l'intérieure de l'abbatiale les stalles des moines profès sont aménagées de chaque côté du chœur.

    Le rez-de-chaussée abrite après la bibliothèque, appelée aussi "armarium" ou sont rangés les livres.

    La salle des chapitres
    rectangulaire ou carrée, percée en général de trois fenêtres et ouverte sur le cloître par une porte encadrée de baies. Les frères s'y réunissent chaque matin, après tierce, en hiver, ou après le chant de prime en été. La réunion débute toujours par la lecture et le commentaire d'un chapitre de la règle, ce qui a donné son nom à la salle.
    l'étage le dortoir, commun, occupe toute la longueur de l'aile orientale, un escalier menant directement dans le transept de l'abbatiale permet aux frères de se rendre sans retard à l'office nocturne.
    Surplombant le canal qui dessert l'abbaye en eau, les latrines occupent l'extrémité du bâtiment.

    Le chauffoir
    seule pièce chauffée ou la présence du feu permet de liquéfier l'encre, la cire, ainsi que l'encaustique des chaussures, la parole et la lecture y sont interdites.

    Le réfectoire
    est situé en face du lavabo ou les moines font leurs ablutions avant le repas. Les tables sont disposées en U le long des murs et les moines s'y assoient par ordre d'ancienneté, le prieur et les plus anciens prenant place au chevet, le lecteur de la semaine accède à la chaire par un escalier aménagé dans l'épaisseur du mur. Les moines mangent en silence, à l'écoute des textes sacrés.

    L'enceinte monastique
    comprend aussi les bâtiments nécessaires à la vie économique comme le moulin, la boulangerie, les écuries, le fenil, et les divers ateliers.

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  3. Je vois que d'autres que moi connaissent les raccourcis ctrl+c et ctrl+v...

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