10 novembre 2006

Adieu 859 NZD 75

Miracle de la concurrence pure et parfaite, un site d'enchères a réussi à trouver un acquéreur pour mon compagnon de voyage depuis 2001. L'occasion pour moi de vous rappeler les quelques dizaines de milliers de kilomètres passés avec lui.

Baptisé 859 NZD 75 en février 2002 par la préfecture de police de Paris, mon cheval-vapeur à deux roues m'a d'abord accompagné sur la route de la porte d'Asnières pendant un semestre. Puis il a pris le train en octobre 2002 et m'a porté jusqu'à Trieste : 800 km en deux jours, une moyenne que je n'ai jamais égalée depuis ! Il a connu le parking archi-plein de l'université, m'a ramené parfois en piteux état via Ginnastica, a visité les plages de l'Adriatique, la côte slovène et la péninsule d'Istrie en Croatie.

Puis il m'a transporté en juillet 2003 au festival reggae Rototom Sunsplash d'Osoppo (UD). Nous avons ensuite visité ensemble le lac de Garde, le val de la Trebbia (un des berceaux de mes ancêtres), Valloriate (CU), le col de Tende, Beausoleil (06) et enfin les marines de Cogolin (83).

RETOUR A PARIS
Après son deuxième voyage en train, il retrouve sa capitale de naissance, et devient mon transport quotidien pour la rue Sainte-Cécile. Il ramène quelques fois des collègues d'Occurrence. Benoît Volatier, le co-président, se déplacant lui aussi volontiers en scooter me confiait un jour que "Dans Paris, quels que soient tes lieux de départ et d'arrivée , tu mets toujours 20 minutes". C'est avec émotion que je mesure à présent la justesse de sa déclaration.

Les mois passent. Il ne dort plus au 1er sous-sol du 60 rue Violet, mais au 14-18 rue d'Annam. Il m'accompagne chez Caliko, passage Beslay (11e). Je dépasse les 30.000 km devant l'hôtel Meurice, rue de Rivoli, en janvier 2006.

DERNIER VOYAGE
En guise de cadeau d'anniversaire, le hasard m'offre la possibilité de partir de nouveau en Italie avec lui. Nous prenons donc le train le 29 avril 2006 pour arriver deux jours plus tard à Florence. Treize week-ends de balades en Toscane s'offrent à nous. Mon scooter me mène à Pise, San Giminiano, Prato, Pistoia, Lucques, Viareggio, et surtout à Empoli, où je rejoins presque tous les soirs Enrico. Les trois quarts d'heure qui nous séparaient étaient souvent frais le soir et brûlants le matin.

Enfin vient le moment du retour en France. Mon scooter vieillit, et je crains de lui imposer de longues distances. Nous nous offrons donc une partie du trajet en bateau : Florence-Marines de Cogolin, via Livourne, Bastia, l'Ile-Rousse et Nice ! Quelques jours de repos dans le Var et zou, retour à Paris. Merci le service Auto-Train de la SNCF.

UN HOMMAGE BIEN MÉRITÉ
Presque cinq ans ont passé. En me séparant de mon cher 859 NZD 75, je perd plus qu'un scooter, mais un compagnon de voyage, presque un ami. Nous avons tellement ri ensemble... Quand je lui confiais mes états d'âme, il m'écoutait en silence. Il comprenait. Vous savez, un être humain peut vous décevoir. Un scooter jamais.

Après 1745 jours d'utilisation et 37.570 km parcourus dans 5 pays (principauté de Monaco comprise), soit une moyenne de 21,5 km/j, ce scooter m'aura coûté 3.402 €, révisions comprises et prix de revente déduit, soit 1,95 € par jour. Ne sont pas compris en revanche les 1.503 litres environ de super sans plomb consommés, ce qui, à 1.30 € le litre porte la facture d'essence à 1.954 €, soit 1,09 € de carburant dépensé par jour. Ce scooter m'aura donc coûté 3,04 € par jour. L'assurance m'a coûté 1815 € pendant cette période, soit 1,04 € par jour. On arrive à 4,11 €.

En résumé, achat, entretien, carburant et assurance coûtent chacun 1 € par jour.

4 commentaires:

  1. Anonyme19:04

    Je voulais savoir à quoi ressemblait cousinadoré tant chéri par Cédric Darval de Bayen et bien me voilà fixé ! Quel bel homme !
    Pédro

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  2. Tu sais qu'ils y'a des gens qui y croient encore à la concurrence pure et parfaite ? Et dire que j'ai été obligé d'apprendre les 5 conditions de chaque en Terminale.

    Bisous

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  3. Anonyme11:26

    J'adore, j'adore, j'adore tes comptes -rendus techniques.
    Bravo pour ce concentré de chronique, de précision et d'émotion!
    Sacré Moreau
    Christophe.

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  4. Anonyme05:13

    hihihi
    t'es un type hallucinant benjamin.. ou p't'etre juste un p'tit gars qu'a fait une école de commerce.. nan je t'assure le trip des calculs là, ça m'a fait vraiment poiler.. hey, je me moque pas hein.. au contraire.. très touchant cette petite histoire (quoi ? les errances de l'homme moderne, la personnification des objets, non, n'en parlons pas..) M'a fait plaisir en tout cas de me remémorer, non pas, en ce qui me concerne, de lgues années de bonheur aux cotés de 859 NZD 75, ms deux balades des plus intenses, l'une à Trieste, l'autre à Paris. Merci à toi sans qui ces aventures libertines n'auraient été possibles ;) Je t'embrasse bien fort "pezzo di merda".

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